Sous l'averse, en mocassins

Sous l'averse, en mocassins

 

Juin 2019, P'tit Cactus # 54

 

"Parfois, mes mains émues se retrouvent autour d’un verre."

Couverture sous l averse en mocassins

Sous l'averse en mocassins, Pierre-Alain Mercoeur, P'tit Cactus # 54, 96 pages, ISBN :978-2-930659-97-8, 9 €

 

Pierre-Alain Mercœur est né à Dijon en 1989, ce qui imprima deux directions fortes à son existence : l'attrait du piquant et un intérêt amusé pour les murs qui tombent. Comme Montaigne et Balzac, il est de formation juridique mais a su ne pas en tirer une gloire excessive. 

Il commence par écrire de la poésie avant de se tourner vers la rédaction, fragmentaire, aphoristique et imagée de ce qu'il appelle ses notes. Ces dernières seront le petit bois qui alimentera quotidiennement l'âtre de son blog, Sous l'averse en mocassins, dont il tirera trois recueils crépitants : Il y a des endroits partout (2014), Il faudra bien parler aux murs (2015) et Il faudra tout recommencer (2017). 

D'aucuns voient en lui le rejeton putatif de Jules Renard, Georges Perros ou Éric Chevillard, au risque de le faire rougir et de peiner ses véritables géniteurs. 

Il habite à Lyon, confluent du Rhône et de la Saône, où sa vie suit tranquillement son cours et le leur.

 

L auteur

Mises en bouche :

 

Les nouveau-nés qui furent abandonnés jadis sur le perron de l’église ont bien grandi, aujourd’hui une bande d’adolescents qui s’ennuient.

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Il m'a fallu inventer un gros bobard pour pouvoir prendre congé de ces gens ennuyeux. J’ai dit que j’étais misanthrope.

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J’ai peur de devenir un poète médiocre incapable aussi de monter une étagère.

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La vraie difficulté sera de secouer la mer à boire. Toute la pulpe est au fond.

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Elle s’est faite belle pour le reconquérir, a mis une jolie robe, s’est maquillée. Avec un peu de chance, il ne la reconnaîtra pas.

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—Et toi, tu bosses dans quelle branche ?

—La branche la plus haute, celle qui caresse le ciel : je suis un poète !

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Le « v » du mot livre est le livre ouvert entre les mains du verbe lire.

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Pour soigner ma sortie je fis une rondade, puis je fis une roulade, puis je fis une roue, puis je fis un rot car tout de même je sortais de table.

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La pluie tombe indifféremment sur toutes les têtes, sauf, peut-être, sur celle de ce pauvre type déjà fort accablé par la vie et qui semble visé plus précisément.

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J’ai une idée. Je vais faire diversion : pendant que j’occuperai l’espace, toi tu en profiteras pour disparaître.

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Une fois que je me suis déchaussé, les chaussures sont libres après tout de partir chacune de leur côté.

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Le mot de l'éditeur:

 

Donnez-lui une terrasse de café, une rue déserte, un quidam dans le tram, un paysage, une file d’attente, un lit défait, une averse, un vieux cimetière et avec ses outils — des verbes, des substantifs, des adjectifs, quelques déterminants et de bons vieux adverbes — il est capable de composer une phrase belle à souhait qu’on lit et qu’on relit et qui donne de la réalité observée une vision inattendue, personnelle, étonnante.

 

Pierre-Alain Mercœur fait partie de cette nouvelle génération de tricoteurs d’aphorismes, de ces auteurs dont se délectent les admirateurs du génial Éric Chevillard, dont il se revendique, par ailleurs.

 

Comme il le dit, ses notes sont le petit bois qui alimente quotidiennement l’âtre de son blog.

Désormais, le blog s’est fait livre.

 

Le blog de l'auteur: https://pierrealainmercoeur.wordpress.com/

 

 

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