Pensées nyctalopes

Pensées nyctalopes

 

Couverture nyctalopes 2

Pensées nyctalopes, Jean-Loup Nollomont, illustrations de Serge Poliart, collection Les p'tits Cactus (#17), 89 pages, ISBN: 978-2-930659-36-7, septembre 2015, 7 €

 

Jean-Loup Nollomont est né à Namur en 1960 et vit actuellement à Charleroi.

Niveau d’études : tout à fait secondaire….

Son champ de vision est intérieur et s’étend à perte de vue : il l’arpente nuit et jour, flanqué de son éternel chien guide spirituel Ashka.

Ce qu’il y cultive ? Les fruits d’une urticante passion graphomaniaque dont le présent recueil nous livre un échantillon de la production. Un champ qui devient aire de jeux quand le souffle de l’inspiration fait voltiger les mots au gré de décoiffantes calembourrasques.

À ne pas prendre au pied de la lettre, mais à suivre à la lettre et en prenant son pied.

Quatrième

Il était de ces hommes à qui l’expérience d’une cécité précoce a fait dire un jour : « C’est parce qu’ils ont perdu la vue que les gens comme moi ne voient pas le temps passer. » (J-L N.)

Pour Jean-Loup Nollomont, la lumière s’éteint progressivement sans pour autant que ne disparaisse son bonheur de faire dire aux mots et aux phrases la dérision avec laquelle il observe le monde. Dans ses pensées, il y a bien moins de noirceur que dans celles de certains « bien-voyants », mais suffisamment d’irrévérence et d’humour (noir ?) pour que ses méditations paraissent dans la collection des P’tits Cactus.

Extraits :

ÇA VAUT DE L'OR

Je garde toujours un peu de silence sur moi : je l'utilise pour me taire quand je ne trouve rien à dire.

ENDOCTRINOLOGUE

Le culte de la vérité, c’est le cancer de l’esprit dans sa phase terminale.

RESTES À VOIR

Interrogez-moi vivant. Mort, je vous répondrai par un ossement d’épaule !

À LA FORCE DU POIGNET

Je viens d’envoyer le plaisir se faire foutre, d’un coup de branlette magique !

MALÉPARGNANT

La vue est un capital précieux que les gens aussi curieux que dépensiers gaspillent en jetant des coups d’œil par les fenêtres.

À propos de Serge Poliart, l'illustre illustrateur:

Né à Familleureux le 13 juin 1953, Serge Poliart est un dessinateur et un peintre humoristique et satirique. Il suit initialement une formation de céramiste aux Arts et Métiers de La Louvière chez Ernest Dhoosche, responsable des ateliers de la faïencerie Boch. Désormais peintre, il vit et travaille à Ville-sur-Haine, dans la région de Mons et participe à la réalisation du journal satirique montois El Batia moûrt soû (traduction wallonne et picarde du Bateau ivre de Rimbaud). Il est surtout connu pour ses représentations irrévérencieuses du folklore régional

Source : Centre de la gravure et de l’image imprimée (La Louvière)

Monsieur Poliart, que certains, dans les années 60, appelaient « Beau Serge », met dans ses dessins (ne parlons pas de son chevalet ni de ses écuries, de ses fresques ni de ses frasques, qui engendrent d’autres plaisirs) toute la tendresse qui lui gonfle le cœur. Un enfant nu, une mère célibataire, un cul-de-jatte, un gros cochon dans un peu de jus, des amis qui s’étranglent, des frites mal cuites, des cours de récréation et de miracles, des morceaux de crottes et de squelettes, des riens du tout – par exemple – réchauffent son crayon et lui donnent des couleurs, celles-là mêmes qu’il a aux joues quand, le soir et dans la solitude, il lit quelques pages du Cantique des Cantiques.

Et quand il voit des plumes sur le derrière d’un petit oiseau, il pense aussitôt à d’autres plumes, non à celles de Chateaubriand ou de Jules Michelet, mais à celles qu’il imagine sur la tête de messieurs qui mangent des oranges et font du bruit. C’est un cas, parmi d’autres qui, eux, ne savent pas dessiner.

André Balthazar, janvier 2003

 

Poliart rue rachot

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