Maigros se marie

Maigros se marie

 

Sortie en mai 2018 du deuxième (et ultime ?) tome des aventures de Maigros

Cover maigros se marie 09042018

Maigros se marie, Éric Dejaeger, ISBN : 978-2-930659-80-0, 15 €

 

Après la parution de La saga Maigros en 2011, Lauteur se sentait épuisé : rédiger cent épisodes tout au long desquels il s’était efforcé à ne rien faire faire à l’inspecteur le plus infâme de l’histoire du polar, ainsi qu’à sa cheffe et à ses alcoolytes, l’avait conduit au bord du burn out. Pour ne pas sombrer, il mit toute la bande aux oubliettes et partit, guilleret, vaquer à d’autres occupations moins salaces.

C’était sans compter avec les lobbyistes maigrossesques, parmi lesquels Léditeur en personne n’était pas le moins actif. Très vite, ils se mirent à le harceler, d’abord insidieusement puis de plus en plus (ou)vertement, pour exiger une suite. Lauteur, teigneux, tint bon quelques années, jusqu’à ce qu’il reçut des menaces de mort s’il ne sortait pas Désiré Prosper Richard et sa clique du placard. Il écrivit donc, contraint et forcé, cinquante nouveaux épisodes dans le même répugnant esprit que les précédents : tours de cochons, escroqueries, trempages de concombre, répugnanteries, tous les ingrédients y sont.

Lauteur espère que les fans seront satisfaits et qu’ils vont maintenant lui foutre une paix royale.

(La Dive)

Scan episode 110

Qui est l’inspecteur Maigros ? Il est censé être le flic le plus nul de l’histoire du polar. Il est sale, grossier, vulgaire, alcoolique, bâfreur, obsédé par le sexe et, surtout, il fait d’énormes efforts pour... ne rien faire. Une espèce de Bérurier au cube, voire exposant 4. Il fait un peu dans tout sauf dans la dentelle. Son chef direct, Cunégonde O’Connell, commissaire divisionnaire, est de la même trempe que lui, en plus raffiné. Maigros a, au départ, trois hommes sous ses ordres, ses « alcoolytes », qui n’en fichent pas plus que lui : les inspecteurs Poireau, Cageoque et Irah. L’équipe sévit à Charleroi.

 

Chronique /  lecture de Denis Billamboz:

Mariage d'humour

En 2011, lors de la rédaction de la première partie de la Saga Maigros, « Lauteur » avait laissé le célèbre poulet pochtron carolorégien dans une bien mauvaise position mais aussi au milieu d’un gué qu’il n’avait toujours pu franchir. Il n’avait toujours pas réussi à trousser sa belle collègue du commissariat, non qu’elle soit particulièrement prude mais elle voulait surtout assurer ses arrières, elle voulait se marier avec son chef avant de lui céder, ce qui est très banal et tout à fait légitime, elle n’était pas la première ni la seule à avoir cette idée. Donc l’auteur a dû reprendre le clavier pour coucher cinquante nouveaux chapitres comme autant de tranches de vie du célèbre commissaire, de son commissariat et de ses collègues. Mais aussi cinquante chapitres comme autant d’exercices de style : descriptions, scènes d’action, dialogues haut en couleur, lettres, textes pour réseaux sociaux, etc…

Dans cette suite, l’objet principal du récit est évidemment tout ce que Maigros doit imaginer pour offrir enfin un toit décent à la belle policière qui veut bien l’épouser mais à condition de ne pas être obligée de vivre dans un gourbi où ses géniteurs n’auraient même pas élevé des cochons. Maigros, lui, il ne veut pas travailler, il élabore les combines les plus sophistiquées, les plus tordues, les plus vicelardes, …, pour obliger ses collègues et tous ceux qu’il peut prendre dans ses rets, à faire le boulot à sa place avec des matériaux qu’il se procure par n’importe quel moyen sauf ceux qui n’auraient même que l’apparence de l’honnêteté. En bon flic bien pourri cela lui pose peu de problème, la méthode, il en connait plusieurs et même des quantités qu’il teste régulièrement dans les fonctions qu’il fait semblant de remplir pour faire croire qu’il accomplit sa mission.

Ces cinquante nouveaux chapitres sont tout à fait fidèles aux cents précédents, la police est toujours aussi pourrie, le narrateur n’aime pas plus les flics, on sent toujours cette rancœur intestine, venue de loin, du fond de sa jeunesse peut-être. Mais, il reste toujours, en filigrane, cette tendresse que « Lauteur » éprouve pour les pauvres bougres exploités par les bourgeois. Il reste aussi ce monument de bravoure linguistique, ce récit en langue vernaculaire du commissariat de Charleroi, le carolowallomaigrossien, que « Lauteur » a dû transcrire du langage parlé au langage écrit, un véritable tour de force. Je suis plutôt fier d’être arrivé au bout de ce livre sans avoir recours à aucun dictionnaire et en ayant presque tout compris. A n’en pas douter c’est un bel exercice de redécouverte d’un langage en voie de disparition et une façon de montrer que la langue n’est pas limitée à ce que des académiciens enferment entre quelques milliers de feuilles. Il faut bien parfois trouver des mots nouveaux ou oubliés pour dire des choses auxquelles ces fameux académiciens n’ont jamais pensé.

Et, pour répondre à la question finale de l’auteur, je dirai simplement qu’on ne tue jamais un personnage aussi vivant, aussi truculent, bourré de ressources inimaginables, il peut toujours servir même dans un autre temps pour une raison que tous ignorent encore.

Sur: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/53538

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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