La rechute d'Icare

La rechute d'Icare

 

Couverture icare

La rechute d'Icare, Michel Delhalle, couverture: Rémy Vanden Abeele, Collections Les p'tits cactus (#18), 69 pages, ISBN: 978-2-930659-38-1, septembre 2015, 7 €

 

 

Usez de l’aphorisme comme d’un dentifrice.

(Achille Chavée)

 

Michel Delhalle fut pendant de nombreuses années bibliothécaire à la Bibliothèque Centrale Provinciale du Hainaut à La Louvière.

 

Il est aussi écrivain, conférencier et animateur.

 

Passionné par les aphorismes il présente au grand public de nombreuses conférences sur le sujet.

 

Le Journal de Jules Renard est son livre de chevet et il lit couramment Chavée dans le texte.

 

Il a aussi collaboré avec Antenne Centre Télévision où il présentait la rubrique « Rire c'est bien mais sourire c'est mieux » dans le cadre de l'émission Label Culture.

 

Michel delhalle

La quatrième:

Depuis des années, tel un argonaute, Michel Delhalle fouille, sonde, compulse, scrute les ouvrages à la recherche des plus beaux aphorismes, des plus drôles, des plus percutants.

Il partage ses pépites lors de conférences endiablées où les jeux de mots, les calembours, les traits d’esprit marquent à jamais les auditeurs ébaubis par tant de verve.

Il était temps que Michel rejoigne la joyeuse troupe des joviaux aphoristologues de la bande à Cactus.

 

Avant-goût:

Aujourd’hui est le fœtus de demain.

Veuillez m’éplucher votre nom.

Le murmure est le sous-sol de la parole.

Il est aussi prétentieux qu’un subjonctif plus-que-parfait.

Dépoussiérez-vous, vivez !

Jeter ses larmes dans le sèche-linge de l’indifférence.

Prendre ses désordres pour des réalités.

Bibliographie:

Nombreux aphorismes parus dans différentes revues : El batia moûrt soû, Microbe, le Spantole.

Participation au collectif Les rivières meurent dans leur lit (concours d'aphorismes Colinet 1998)

La mer ferme à six heures, éditions Audace, 2007

La fine moustache du quotidien, éditions du Rotary Club La Louvière, 2008

Prose Café, éditions de l'imprimerie Provinciale du Hainaut, 2011

La préface de l'éditeur:

Longtemps j’ai cru que la pratique de l’aphorisme était réservée aux poètes, aux philosophes, aux élites lettrées, aux esprits renommés et affutés, alors je conservais les miens au plus profond de la mémoire de mon ordinateur parce que je me sentais tout petit à côté des maîtres du genre : Scutenaire, Havrenne, Chavée, Mariën et toute la clique de la Belgique Sauvage de ces années-là.

Je me suis engaillardi grâce à la fréquentation de ces aphoristologues que sont Éric Dejaeger et André Stas avec lesquels j’ai bataillé ferme, lançant à une foule parfois clairsemée, parfois plus touffue les réflexions les plus absurdes qui nous étaient venues à l’esprit un soir de fête ou de défaite.

Fou de ces formules courtes, percutantes, odieuses, déroutantes, je me suis même piqué au jeu de l’éditeur, lançant la collection des P’tits Cactus, un espace où sont publiés ces artistes qui font dire aux mots ce à quoi les mots eux-mêmes ne s’attendent pas.

Dans cet univers de bricoleurs ou de peaufineurs du langage, un petit bonhomme nerveux est omniprésent : Michel Delhalle — ce spécialiste de Jules Renard et d’Achille Chavée à propos desquels il anime de chatoyantes conférences —, collectionne depuis des années, les bons mots, les brèves de comptoir, de trottoir ou du bazar, les belles phrases qui se disent à gauche ou se publient à droite. Il les note, les mémorise, les stocke et doit en posséder une des plus belles collections qui soient.  Voilà bien un homme à qui un éditeur pourrait dérouler un tapis rouge pour qu’il réalise une anthologie, même partielle, de ce qui s’est fait et se fait de mieux en matière d’aphorisme.

Et bien entendu, à force de lire des aphorismes, il y en a qui viennent à l’esprit et Michel Delhalle, le collectionneur devient Michel Delhalle, le créateur. Dans ce cas-là, l’addiction arrive au galop et elle est salée. Aucune cure ne vient à bout d’une telle dépendance.

Si bien souvent il est possible de classer les aphorismes dans certaines catégories — attention, pas question ici de les enfermer, ils s’échapperaient, de toute manière — : les poétiques (Paul Guiot,  Georges Elliautou, Massimo Bortolini), les sarcastico-trash (Éric Dejaeger), les amers flingueurs (Pierre Desagre, Dominique Saint-Dizier, Jean-Luc Dalcq), les cinglés (Jean-Philippe Goossens), les pataphysico-surréalistes (André Stas)…  les phrases de Michel Delhalle voguent à travers les genres.  Il y a le souffle d’Achille Chavée qui lui chatouille la nuque quand il écrit  Banalité, j’aurai ton scalp ou Un nuage assis sur les genoux du vent ; il y a celui de Louis Scutenaire dans L’imaginaire est la raison sociale du poète ou encore l’énergie calambouresque de Pierre Dac avec Presser un citron pour la beauté du zeste.

Il fallait un Delhalle dans les P’tits Cactus, la seule collection, du moins à notre connaissance, qui ne publie que des aphorismes[1]. Voilà une lacune comblée pour le bonheur de tous… Et si un jour, l’auteur passe par chez vous, foncez assister à sa conférence, vous découvrirez un passionné à l’œuvre, un orateur insatiable qui ferait aimer la formule courte et percutante au premier venu, même s’il n’est pas né de la dernière pluie.

 

                Jean-Philippe Querton

 

[1] À l’exception de deux ouvrages ‘pataphysique, mais c’est un peu la même famille…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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