(L')Armes à feu et à sang

(L')Armes à feu et à sang - Jacky Legge

Sortie en septembre 2016

Couverture l armes 24082016

(L')Armes à feu et sang, Jacky Legge, Illustrations de Priscilla Beccari, Collection Les P'tits Cactus (# 29), 86 pages, ISBN 978-2-930659-58-8, 9 €

Pour se procurer ce livre, contacter l'éditeur: cactus.inebranlable@gmail.com

 

Traiter de la mort fait partie de mon quotidien, à la fois par la fonction exercée de conservateur des cimetières de la Ville de Tournai que par mon intérêt pour la symbolique et l'architecture funéraires. Cette part de moi-même s'immisce dans les explorations littéraires que je m'accorde quotidiennement. Dans ce domaine, j'aime me fixer un thème que je décline pour mieux l'abondonner ensuite: la violence, l'injustice, les abus, les guerres, les attentats... font profondément partie de notre environnement, surtout lorsqu'on est un adepte des médias écrits et audiovisuels comme moi. Saisir ces éléments de l'actualité pour en extraire la matière d'incises littéraires ne pouvait se concevoir qu'en faisant appel au deuxième (et parfois même au troisième) degré, en y incorporant des doses d'humour, d'ironie, de cynisme...

Jacky Legge 

L'auteur

Jlegge

Jacky Legge (Écaussinnes, 1957) est coordinateur des expositions à la Maison de la Culture de Tournai, conservateur des cimetières de la Ville de Tournai et professeur dans une haute école. Auteur d’ouvrages consacrés au patrimoine funéraire, aux empêche pipi et de nombreuses monographies d’artistes, il s’adonne à la prose poétique et à la nouvelle. Il est membre de l’Association des Écrivains belges et d’Unimuse, association d’auteurs de Wallonie picarde.

Il apprécie la création à quatre mains avec d’autres auteurs et des plasticiens tels : Catherine Amathéü – Otto Ganz, Marie-Line Debliquy, Roland Denaeyer, Philippe Dubit, Bruno Gérard, Denis Meyers, Véronique Poppe, Christian Rolet, Jean-Claude Saudoyez, Quentin Smolders, Baudrienne Stalpart, Lionel Vinche... Pour cette édition, il a suggéré de travailler avec Priscilla Beccarri.

L'llustratrice

Priscilla atelier

Priscilla Beccarri (Menin, 1986) a grandi à Wevelghem et à Leers-Nord en Belgique.  Elle s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai dans l’atelier de Christian Rolet et de Laurence Dervaux .Elle s’adonne alors à diverses disciplines, sauf au dessin qu’elle refuse d’aborder. Elle quitte l’école d’art avant la fin de son cursus, se rend à Marseille et à Paris. Là, dans un logement étriqué, elle se met au dessin. Belle contradiction... Elle décide de revenir terminer sa formation à l’Académie, ce qu’elle fait brillamment, selon son jury final.

L’artiste maîtrise des disciplines diverses qu’elle utilise pour matérialiser des scènes journalières qui nous concernent et nous déconcertent. L’univers des dessins à l’encre de Chine de Priscilla Beccarri est constitué de princesses pas trop jolies, pas trop heureuses... Elles se sont échappées de mauvais contes avec des loups voraces ou alanguis. Des scènes teintées d’un humour régulièrement grinçant.

D’autres fois, il s’agit d’intérieurs « étriqués et improbables » de maisons orphelines de tout habitant. Ces architectures intimes participent de géométries sans aplombs.

Ici et là, apparaît une femme qui balaie pour combler l’ennui ou pour chasser de trop lourds souvenirs. Elle appartient à un groupe de personnages récurrents, issus de revues des années 50 ou des sixties destinées aux ménagères ou aux maîtresses de maison de l'époque.

Extraits:

Le coiffeur rêvait d’être barbier au sein de la garnison de poilus.    

Le cortège de non-violents défilait tambour battant.

Au kamikaze, il devait certainement lui en manquer une…

Les artificiers déserteurs partirent avec un baril de poudre d’escampette.

Les bègues du régiment se faisaient la guéguerre.

L’armée dégrade plus qu’elle ne grade.

Tuer le temps, quelle drôle d’expression, se disait le soldat tapi au fond de la tranchée.

Les taupes sont terrorisées quand les avions font du rase-mottes.

Il est rare qu’un enfant de la balle soit fils d’armurier.

Les fusils à lunette rapprochent rarement les points de vue.

 

Sur le blog "Les belles phrases" (Denis Billamboz, le 29 octobre 2016)

Jacky LEGGE

(L’)ARMES À FEU ET À SANG

Cactus inébranlable

Si le sous-titre apposé par l’auteur : « Réflexions sans importance, sauf quelques-unes » me semble un acte de modestie très exagéré, je suis par contre beaucoup plus interpellé par le premier mot du titre qui, à mon sens, contient déjà à lui seul l’essentiel du recueil. En effet, le jeu de mot sur « (L’)Armes » dévoile les intentions de l’auteur en suggérant les larmes que l’usage des armes provoque bien trop souvent hélas. Dès le titre Jacky Legge nous laisse entrevoir le message de paix qu’il voudrait adresser à tous ceux qui font usage des armes pour toute sorte de raisons plus mauvaise les unes que les autres.

« Il y a trop d’armes lourdes entre des mains légères, soupira le Parrain »

« En temps de guerre, la Mort coupe les épis de blé vert »

L’éditeur nous raconte que l’auteur est un « explorateur littéraire passionné par les cimetières », il a donc rencontré au cours des ses promenades de nombreuses tombes de jeunes militaires morts pour défendre des causes qu’ils ne comprenaient pas toujours.

« La guerre est le cancer de l’humanité ; il est sans rémission. »

« Les permissions n’ont pas de sens pour les orphelins de guerre »

Sous l’humour et la causticité de ses « réflexions sans importance » se dissimule mal sa compassion pour les innocentes victimes qui n’ont jamais rien demandé.

« Toute sa vie, la veuve pleura le temps trop bref qui sépara la déclaration d’amour de la déclaration de guerre » (cette réflexion n’est pas qu’une formule littéraire, j’ai connu cette situation dans ma famille).

« La guerre est un cirque où les fauves ont dévoré les clowns. »

« La guerre, c’est toujours le massacre du printemps. »

Ce recueil n’est pas qu’un plaidoyer contre la guerre, c’est aussi un bel exercice littéraire dans lequel Jacky Legge dévoile un réel talent et un esprit très affuté. Certaines de ses réflexions sont, en plus d’être très pertinentes, très drôles.

« L’odeur de compote provoquait des nausées à Guillaume Tell et à son fils »

« L’héroïne est une arme blanche redoutable »

« Seuls les Inuits restèrent indifférents à la Guerre froide »

Je ne saurais clore ce propos sans évoquer les illustrations de Priscilla Beccarri qui agrémentent le recueil, des dessins qui collent bien au texte, des victimes innocentes des armes assassines.

J’ai gardé cette réflexion pour la fin, elle m’a bien fait rire, je la trouve très drôle.

« Un franc-tireur, c’est pas cher.

Un sous-marin, non plus. »

La violence est à la portée de tous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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