Idées noires (sur fond sombre)

Idées noires (sur fond sombre)

 

Le quinzième P'tits Cactus...

Couverture idees noires

Idées noires (sur fond sombre), Dominique Saint-Dizier, Cactus Inébranlable éditions, collection P'tits Cactus # 15, 90 pages, ISBN 978-2-930659-35-0, 7 €

 

DSD prit conscience de l’absurdité de la condition humaine le jour où il perdit sa première dent de lait. Il aurait sombré "cors et âme" (sic) dans le nonsense après être resté coincé plusieurs heures dans un  ascenseur. On dit qu’il écrivit son premier polar " le casse de l’oncle Tom" en retenant sa respiration de la première à la dernière ligne. Puis un livre d’aventures "La traversée du désert saharien en pédalo" (ouvrage sous-titré en 136 langues dont 3 mortes) et dans la foulée un roman destiné aux ecclésiatiques "God is a Lady" dont la traduction française est déplorable dès le titre : "Dieu s’est enlaidi". Il parlait couramment la langue des ovnis dyslexiques et a durant une quinzaine d’années dessiné " le silence avec des mots " jusqu’à l’apparition d’acouphènes persistants qui l’ont amené à se reconvertir en "donneur de questions". Sa renommée d’humoriste dépasse les frontières y compris celles de l’entendement.

...Au lieu de pratiquer jusqu’à la nausée l’humour mortifère d’un Woody Allen, il adopta les codes de la décontraction californienne, endossant les effets d’un Zorro vengeur à talons aiguille qui aurait acheté à l’argus la mule asthmatique de Sancho Pancha.

Échantillons:

Ce n’est pas parce que vous avez une tête à chapeau que vous devez en sortir un lapin. 

En peinture, je n’aime que les paysages dont les couleurs viennent tout juste de sortir du tube.

Mon centre de gravité se situe très précisément au creux de mon oreiller.

Je suis d’excellente humeur quand je constate que je n’ai pas pris une ride depuis la veille au soir.

Les doutes sont aussi envahissants que les bambous. Pour les contenir, gardez-les en pots.

Spinoza a écrit : « Il faut aimer la nécessité ».  En ce qui me concerne, celle de ne rien faire me convient parfaitement.

 

Un article de Claude Vercey dans la revue Décharge à propos de ce livre (avril 2016): http://www.dechargelarevue.com/I-D-noir-no-628-Un-detour-par.html

I.D (noir) n° 629 : Un détour par Saint-Dizier

« Je suis toujours étonné d'être là à faire n'importe quoi alors que je pourrais être ailleurs à

faire à un poil près la même chose », confie d'emblée Dominique Saint-Dizier, dès les

premières Idées noires (sur fond sombre), rassemblées par les éditions du Cactus inébranlable, que

je découvre en l'occasion (et pas mal placées dans le hit-parade des appellations improbables). Bien

content de retrouver là le discret auteur des Questions qui posent problème, que nous avaient

connaître en 2009 (voir l'I.D 247) les éditions Corps puce.

Sont-ce des réponses que Dominique Saint-Dizier nous apporte à présent avec ces aphorismes, pensées, maximes,

réunis dans une jolie plaquette oblongue, idéale pour être glissée dans la poche un jour de pluie, et qui forment un

nouvel Album du pessimiste, se situant d'elles-mêmes, sans qu'il soit besoin de beaucoup les forcer, et à juste

raison, dans la proximité de Woody Allen et Pierre Dac, dûment nommés ? A quelques nuances près, cependant :

Pierre Dac était pour la peine de mort avec sursis et moi je suis pour la peine de vivre à perpétuité.

Remarque (restons sérieux) : une chose est de pratiquer l'humour, une autre de proposer un livre qui conserve tout

au long ce caractère d'humour. L'exercice est difficile. Combien d'anthologies, de numéros spéciaux de revues,

composées sous cette bannière, où se succèdent auteurs drôles et trouvailles plus ou moins désopilantes, d'ennui

vous tombent des mains ! Les Idées noires échappent à cette critique, le livre est composé, rythmé : à une volée de

réflexions brèves et pimentées succède une page plus longue, rassemblant pour le plus grand bonheur du lecteur,

toujours avide de connaissances autant que d'indiscrétions, quelques hypothétiques données bio-bibliographiques,

qui tendent in fine à confirmer cette assertion que formule DSD à son propre propos : sa réputation d'humoriste

dépasse les frontières, y compris celles de l'entendement.

Il me serait facile dès lors, à la satisfaction de chacun je n'en doute pas, de reproduire une batterie d'Idées plus

noires les unes que les autres si, pour le peu de place qui me reste vu les contraintes auxquelles je me soumets, je

ne sentais la nécessité de fournir gracieusement à un futur thésard un sujet qui ne manquera pas d'impressionner

les membres du jury : « De l'image de l'escargot dans l'oeuvre de Dominique Saint-Dizier » lequel, nous est-il confié,

ne cessait de vanter la discrétion et la pudeur des escargots qui ne sortaient jamais de leur coquille et comme eux ne

s'exprimaient jamais que par sous-entendus. La trace de cet animal qu'il admire traverse ces pages (ces feuilles ?)

avec une notable récurrence : comme [l'escargot], est-il par exemple observé, il [l'auteur] restait des mois si

profondément enfoui dans sa coquille qu'aucune caresse ne pouvait l'atteindre. Et ce conseil : Ne racontez pas de

salades que vous n'ayez plantées vous-mêmes, n'est-il pas sorti tout droit d'une cervelle de gastéropode ?

Je ne suis ni drôle ni contagieux, nous aura prévenus Dominique Saint-Dizier : nous ne sommes pas à la suite ni

malades ni déçus.

Post-scriptum :

Repères : Dominique Saint-Dizier : Idées noires (sur fond sombre). Cactus inébranlable éditions. Contact : cactus.inebranlable gmail.com.

Mais aussi, du même auteur : Questions qui posent problème, chez Corps puce (voir l'I.D 247 : Froeppel a-t-il encore frappé ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site