Dis, petite salope, raconte-moi tout...

Dis, petite salope, raconte-moi tout...

 

C'est l'histoire d'un type qui refuse les Lois de la vie, voulant qu'un pauvre gros fasse sa vie avec une pauvre grosse. 

Ado, ce type décide d’affronter le destin. Alors que son prof de gym, Monsieur Bognard, blanchissait à la vue de la jambe brisée de Franck, il décida d’inviter Vanessa à sortir avec lui. C’était un bon début. Un peu plus tard,  Il eut  même un enfant, une villa 'quatre façades, un boulot. il a failli « réussir dans la vie ». Mais il a raté.

C'est l'histoire d'une destruction par le regard qu'on porte sur les êtres aimés, l'étonnant récit d'une jalousie maladive, d'un type qui ne trouve pas sa place.

 

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ISBN: 978-2-930659-04-6    178 pages    Prix de vente: 15 €

Disponible dans les librairies qui mettent les ouvrages de Cactus Inébranlable éditions à votre disposition

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 Une revue de presse (10/12/2012) ici:revue-de-presse-petite-salope1.pdf revue-de-presse-petite-salope1.pdf

 

Lu sur "SENS CRITIQUES";

 

Critique de Dis, petite salope, raconte-moi tout...

Par Vassili K

 

Les moches sortent avec les moches, c’est la Loi. Alors il sort avec Myriam, et ils découvrent leur sexualité entre gros, par défaut plus que par véritable choix. “C’était le destin des moches: être l’objet des quolibets, faire l’amour sans amour, jouer un temps la passion enflammée, mais sans être dupe. Ils n’avaient droit à l’émotion qu’en copulant entre eux.” Mais celle qu’il voulait vraiment, c’était Vanessa. Il voulait son corps parfait et la vie parfaite qu’elle promettait : tout le contraire de cette “vie insipide des gens simples, heureux et sans ambition”. L’université lui donne l’occasion de se rapprocher d’elle, de perdre quelques kilos, et de finalement former ce couple de rêve. Sa revanche sur la vie. Il pouvait être heureux, avec elle. À moins que, il n’y a objectivement aucune raison qu’elle aime un pauvre mec comme lui... Et c’est le début de la descente aux enfers.

La quatrième de couverture de Dis, petite salope, raconte-moi tout... donne le ton, si le titre laissait encore un doute : « Le protagoniste est un gros con. Il est massivement caractériel, c’est quasi pathologique. Qui va acheter ce livre ? » C’est peut-être seulement l’avis de quelqu’un qui n’a jamais connu les frustrations du protagoniste en secondaire. Et ce n’est certainement pas mon avis. Le roman d’Olivier Bailly vaut le détour. D'autant qu'il est publié chez Cactus Inébranlable éditions, c'est assez rare de voir de petites maisons d'éditions belges publier de véritables bijous pour que cela soit souligné.

Le protagoniste est peut-être un gros con, quoique je ne sois même pas tout à fait de cet avis, mais, quoi qu’il en soit, tout se tient, tout s’explique et l’on comprend très bien son comportement pour peu que l’on ait un minimum de points communs avec lui. Le roman s’assure alors qu’ils sont exploités au mieux. La narration à la deuxième personne du singulier aidant, on ne peut lutter longtemps avant de se retrouver complètement assimilé au personnage. On en vient vite à vivre littéralement le roman, un peu à la manière de ces livres « dont vous êtes le héros ». Encore que, dans ce cas-là, le « vous » maintenait une certaine distance. Il suffit d’ajouter à cela l’utilisation du présent comme temps de narration, et le lecteur vit le roman comme si celui-ci racontait ses actions futures immédiates. La distance entre narrateur et lecteur est ainsi réduite à néant et les deux existences en sont par conséquent étroitement liées. On vit au plus profond de soi la frustration, l’agacement, la colère et la tristesse du héros.

L’histoire en elle-même n’a par ailleurs rien de très original, pour le dire franchement. Mais au lieu de constituer un défaut, ceci fait aussi la force du roman : avec une histoire banale, celle de n’importe qui et de tout le monde à la fois, l’identification est évidemment beaucoup plus simple. D’autant plus que le cadre général reste très flou. Quoi de plus neutre qu’une ville du nom de « Lacité » ? On repère bien de temps à autre de légères allusions à un univers plus personnel, qu’elles soient directes (le journal Vlan) ou détournées (les banques Factis et PNB Romehaut), mais de manière trop ponctuelle que pour donner un cadre précis au roman. Il peut être celui de la vie de tout lecteur potentiel, grosso modo.

Stylistiquement parlant, le roman est empreint jusqu’à l’os d’un cynisme radical. Il offre une vision du monde d’un noir opaque. Il y a toujours quelque chose qui cloche, le personnage ne peut s'empêcher de voir l'aspect négatif de toutes les situations, aussi idéales fussent-elles. Un tel ton pourra en repousser plus d'un. Ce cynisme s’accompagne de régulières touches d’humour, à la faveur de formulations heureuses. Un humour qui reste forcément très noir, et c’est une qualité ! Dis, petite salope, raconte-moi tout... fera finalement probablement germer des idées noires chez plus d’un lecteur. Mais, après tout, quoi de plus normal pour un roman publié dans une collection qui privilégie un visuel en noir et jaune très Série noire ? Je ne dirais pourtant pas que l’on sait à quoi s’attendre, le roman reste surprenant de noirceur et de cynisme, même pour le genre, au point d’en être dérangeant.

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