Contes espagnols

Contes espagnols

 

Sortie en décembre 2016

Couverture contes espagnols 1

Contes espagnols, Lorenzo Cecchi, 102 pages, ISBN:978-2-930659-57-2, 12 € (couverture et illustrations: Jean-Marie Molle) 

 

Lorenzo cecchi c

Lorenzo Cecchi est né à Charleroi en 1952.

Agrégé en sociologie il a été animateur de maison de jeunes, promoteur des spectacles au National, administrateur de sociétés, ou encore commissaire d’exposition avant de terminer sa carrière en tant que commercial dans une société de protection incendie. Pendant dix ans, il a également enseigné la philosophie de l’art à l’académie des Beaux-arts de Mons.

 Son premier roman, Nature morte aux papillons au Castor Astral (2012) a été sélectionné pour le Prix Première de la RTBF, le prix Alain-Fournier, ainsi que les prix Saga Café et des lecteurs du magazine « Notre Temps ». Il a publié chez ONLIT  éditions Faux Témoignages et Petite fleur de Java. Son roman Un verger sous les étoiles, est paru aux éditions du CEP.

 

Extrait d'interview:

Racontez-nous votre histoire d’amour – ou d’autre chose ! – avec l’écriture…

J’ai toujours eu l’ambition d’écrire. Adolescent, j’écrivais des poèmes qui étaient publiés dans la revue du bahut. L’éditeur responsable de cette publication était, comme il se doit, le professeur de français, un grand bonhomme de près de deux mètres qui n’avait pas son pareil pour vous transmettre l’amour des belles lettres. Lui-même écrivait. Quelque quarante ans plus tard, chez un bouquiniste, je suis tombé sur un recueil de nouvelles écrites par ce même professeur. Après avoir longtemps hésité, j’ai repris contact avec lui. Nous nous sommes revus, avons beaucoup parlé. Il m’a dédicacé son troisième roman et avons décidé de nous revoir plus régulièrement. Après un dîner, pendant lequel je tins volontiers le crachoir pour raconter des histoires de jeunesse et de famille, il m’a conseillé de coucher tout cela sur papier en insistant sur l’importance d’une telle démarche. Quelque temps plus tard, le hasard faisant souvent bien les choses, je retrouvai une nouvelle écrite dans un cahier d’écolier. J’imaginais dans le texte le départ de mon père de son Italie natale pour la Belgique qui m’a vu naître. Je me mis fébrilement à réécrire le texte et, depuis, je ne me suis plus arrêté.

Qui est Lorenzo Cecchi, l’homme derrière l’auteur ?

Rien de bien extraordinaire. Par ordre d’importance, je vous dirai que je suis marié à Brigitte, que je suis père de quatre enfants (adultes depuis belle lurette) et que je vais bientôt devenir grand-père d’un petit garçon, ce qui me remplit de joie et aussi… d’appréhension. Professionnellement, il ne me reste plus qu’un petit bout de chemin à parcourir. Je termine ma carrière de directeur commercial auprès d’une société de protection incendie. D’autres métiers ont occupé mon temps ; j’ai été enseignant, entrepreneur, … Ce fut épanouissant et cela m’a permis d’assurer aux miens une vie confortable. J’en tire une certaine vanité, bien assumée.

Source: http://www.mpbardou.com/interview-de-lorenzo-cecchi-auteur-de-petite-fleur-de-java/

Cecchi signe 1

Liège, Les Fugueurs du Livre, décembre 2016

 

Littérature fine

Neuf contes drôles, exquis, intelligents !

Dans L’andalouse, avec un petit a, un homme amateur de sauce andalouse se plaît à croire que la compagne d’un ami (il reçoit le couple chez lui) qui le soigne d’une blessure à l’arcade sourcilière causée par une prise de bec avec cet ami est espagnole parce qu’elle s’appelle Conchita…

La femme de la nouvelle suivante, une Espagnole de souche, elle, se dispute avec son mari lors du vernissage d’une expo de Bram Bogart à Bruxelles où elle est venue le rejoindre avant que le narrateur, en habile séducteur, ne parvienne à approcher la bouillante épouse humiliée qui ne pensera qu’à se venger…

La Chevrolet mêle un souvenir d’enfance et un différend entre deux voisins, un Italien sans voiture et un Espagnol ayant troqué sa vieille Skoda contre une rutilante Chevrolet.

La der des ders, peut-être la nouvelle la plus originale de l’ensemble, par sa forme épistolaire, met en scène une ultime discussion vive et virtuelle entre deux hommes aux egos surdimensionnés qu’une relation amicale ancienne unit par-delà la distance qui les sépare.

Le gastronome est un régal de mots et de mets qui pose un questionnement sur l’inclination à la nourriture quand elle prend certaines proportions…

Les deux nouvelles suivantes, au-delà des anecdotes rapportées, dressent un parallèle entre le monde de l’entreprise d’hier (dans VRP), fonctionnant sur le mode du paternalisme, et d’aujourd’hui (dans Drink d’adieu), basé sur le combat économique sans merci et le manque de considération dont sont l’objet les employés. On retrouve là la veine autobiographique de Cecchi à l’œuvre depuis Nature morte aux papillons, son premier roman paru au Castor Astral, qui sait si bien s’appuyer sur ses expériences personnelles pour en tirer des histoires fortes emplies d’humanité et d’autodérision.

Les deux dernières nouvelles, Spanish Jazz Project et Gesualdo, rendent hommage à leur façon à deux musiciens, Carlo Gesualdo et Michel Mainil, un musicien de la fin de la Renaissance et un saxophoniste de jazz belge toujours bien vivant.

L’ultime nouvelle du recueil, dans une merveille d’écriture concise et raffinée, raconte le premier mariage de Carlo Gesualdo da Venosa, noble napolitain de la fin du XVIème siècle par ailleurs musicien de madrigaux et de musique religieuse alors que Naples est dirigée par un vice-roi nomme par le roi d’Espagne. Le prince se montrera d’une cruauté sans égale quand il devra laver son honneur sali par l’adultère de son épouse commis avec un duc espagnol. Dans la quatrième de couve,  il est justement conseillé d'écouter, pour l'apprécier autrement, la musique de Gesualdo pendant et après lecture de la nouvelle. 

Les allusions à la culture ibérique sont toujours subtiles, c’est la cerise sur le gâteau de ce repas littéraire en neuf plats, goûteux et délicats à souhait, pour palais fins, exclusivement.

Ce neuf bouquet de nouvelles qui a, en partie, trouvé place sur ce blog l’été dernier, est remarquablement illustré par Jean-Marie Molle, fondateur du groupe Maka, dans des tableaux judicieusement composés des éléments cruciaux de chaque récit.

Éric Allard

 

 

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