C'est meilleur que n'importe quoi

C'est meilleur que n'importe quoi

Sortie en janvier 2018

Couverture c est meilleur que n importe quoi

C'est meilleur que n'importe quoi, Sammy Sapin, Collection P'tits Cactus # 39, format 10/18,5, 76 pages, ISBN : 978-2-930659-69-5, 9 €

 

La quatrième:

Quand un poète se fait aphoriste, cela donne de bien jolies formules…

Parfois, elles sont percutantes : « L’homme descend du singe puis remonte sa braguette », ou cruellement drôles: « Ces deux frères étaient beaux garçons, ils auraient connu de grands succès auprès des femmes s’ils n’avaient été soudés ensemble par l’épaule et la tête ».

Dans l’absurde, Sammy Sapin excelle également : « C’était un œuf comme les autres et pourtant j’hésitais à le casser » ou « Il prenait le métro depuis si longtemps qu’il en avait perdu l’usage de la parole ».

Et comme il ne répugne pas à se moquer de lui-même : « Ce type-là me ressemblait comme deux gouttes d’eau. Je détestai aussitôt son air snob, sa présomption, son arrogance. », vous comprendrez que c’est du tout bon…

Ce Sapin ne laisse personne de marbre.

 

Sammy Sapin :

Disciple non reconnu, non légitime de Louis Scutenaire, Georges Perros et André Hardellet.

Admirateur transi de Ivar Ch’vavar, William Cliff et Gabriel Ferrater.

Écrit à ses heures (diurnes).

Infirmier à ses heures (nocturnes).

A publié un recueil de poésie objective biographique comparative (Bukowski/Wittgenstein) chez Polder/Gros textes.

Co-taulier, avec Grégoire Damon, de la revue Realpoetik.

Participe à la plate-forme pétrolière de poésie sonore Cérumen.

A eu publié dans diverses revues, parmi lesquelles Traction-Brabant, Nouveaux délits, Microbe, Ouste.

S’est autopublié dans la revue Realpoetik.

S’autopublie régulièrement (poèmes galactiques, poèmes scientifiques, poèmes très courts) sur son blog : Le roi de la forêt.

Extraits :

 

Il aurait fait rire toutes les infirmières de réanimation avec ses blagues désopilantes s’il n’avait été plongé dans le coma.

•••••

L’homme descend du singe puis remonte sa braguette.

•••••

Comme elle venait de lui oindre les pieds,  Jésus baisa ceux de Marie-Madeleine, puis lui lécha la cheville, puis lui mordit le gras de la cuisse, et il montait encore quand celle-ci s’exclama :

— Ça suffit Jésus !

•••••

Il avait une bouche très grande et s’en servait régulièrement pour transporter des objets.

•••••

Tandis qu’elle dort, sous les paupières, ses yeux jouent aux billes.

•••••

Ces deux frères étaient beaux garçons, ils auraient connu de grands succès auprès des femmes s’ils n’avaient été soudés ensemble par l’épaule et la tête.

•••••

Elle ne voyait pas où il voulait en venir, il préféra en rester là.

•••••

Mon amie, à peine rentrée, me dit que je ressemble au voisin, ou que le voisin me ressemble.

Puis elle se demande qui a commencé.

•••••

Chaque printemps cette vieille femme seule achète de petits chiots charmants qu’elle noie à la fin de l’automne car elle préfère qu’ils ne connaissent pas les rudesses de l’hiver.

•••••

On jouit, on pleure et puis on prend le métro.

•••••

Elle la faisait jouir à petit feu, sur le petit gaz.

•••••

C’était un œuf comme les autres et pourtant j’hésitais à le casser.

•••••

Il prenait le métro depuis si longtemps qu’il en avait perdu l’usage de la parole.

•••••

Ce type-là me ressemblait comme deux gouttes d’eau.

Je détestai aussitôt son air snob, sa présomption, son arrogance.

•••••

Il porta sa main à la poitrine. On l’avait prévenu que ce serait une mauvaise journée, mais de là à mourir, il y avait tout de même un pas.

•••••

Je regardai mon père.

Son fils ne lui ressemblait pas.

•••••

On en parle:

En des fragments titrés et numérotés entrecroisant des « inscriptions » (Scuténaire, bien sûr, mais aussi Perros, Lichtenberg et quelques autres fragmentistes, ou pas), Sammy Sapin (aussi blog-poète) fait preuve d’un étrange humour : il ne lui importe ni de faire rire ni le sarcasme bien pointé. Il y est plutôt question, dans ce recueil, de tomber de haut pour voir en bas ce qui s’y passe. Avec une pointe d’absurde, c’est à la platitude que s’intéresse Sammy Sapin, à cette évidence devant quoi peu s’arrêtent (l’absurde n’est-ce pas ce qui grossit l’évidence qu’on ne voit ni avant ni après le grossissement ?) Sourire, ou ne pas sourire... D’une certaine manière, le poète joue au chat et à la souris avec notre aptitude à sourire, c’est ce qui est cocasse. Alors, si les cailloux ont des rides, si des poissons traversent la rue, si une actrice porno porte une ampoule rectale, étonnez-vous ; et puis réfléchissez. Les fragments et inscriptions de Sammy Sapin vous y invitent.

Jean-Pascal Dubost (http://poezibao.typepad.com/poezibao/)

 

 

 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site