ASSORTIMENT DE CRUDITES

 

Assortiment de crudités, recueil collectif de nouvelles érotiques

Parution 10 décembre 2013

 

JpegLes auteurs: 

Éric Allard – Massimo Bortolini – Styvie Bourgeois – Isabelle Buisson – André Clette – Hélène Dassavray – Éric Dejaeger – Cathy Garcia

Sylvie Godefroid – Gauthier Hiernaux – Ziska Larouge - Jean-Philippe Querton –  Thierry Roquet – Guillaume SiaudeauAndré Stas

Michel Thauvoye

Extrait de la préface (déclinée en termes de préliminaires):

Ce livre ne s’adresse pas aux culs serrés.

Ils sont impénétrables.

Pas le moindre orifice, la moindre ouverture pour y laisser passer un zeste de sensualité, un brin de fantaisie lascive.

Tant pis pour eux.

Affirmer que ce livre n’est pas né de l’idée de surfer sur la vague qui a amené plus de 65 millions de personnes à acheter les cinquante nuances qui ont défrayé la chronique serait un mensonge. Il y a aujourd’hui, semblerait-il, un public nouveau qui lit des livres érotiques dans le train, sur les plages, sans vergogne ni velléité masturbatoire.

Notre assortiment de crudités intéressera-t-il les lecteurs de madame James ? On verra. À tout le moins, notre ouvrage apporte-t-il seize nuances d’érotisme déclinées sur des modes bien différents : l’approche trash, la démarche sado-maso, l’intonation humoristique, la déclinaison anatomique, la variation pornographique, le ton vulgaire, l’inflexion surréaliste… et même quelques touches de poésie.

 

Les auteurs

# 1 Eric Allard

Images

ÉRIC ALLARD est sorti de mère le jour du Mardi gras en 1959, dans une maternité rose pompon du Pays noir où les confettis tombés en masque lui assurèrent un avenir incertain sur un matelas fait de petits points...

Depuis, il habite toujours Charleroi, il a beaucoup lu et il a étudié les mathématiques qu’il enseigne tout en gardant un œil sur le programme de littérature française de son collègue.

Depuis 1983, il anime une revue de poésie, « Remue-Méninges ». Il a publié des textes dans diverses revues papier ou en ligne (Microbe, Mgversion2, Décharge, Liqueur 44, La Belle-mère dure...) ainsi que deux ouvrages de critique littéraire au Service du Livre Luxembourgeois.

En 2009, il publie deux livres : « Corbeaux brûlés » aux Éditions du Cygne et « Penchants retors » chez Gros Textes.

Passionné par les belles phrases, il crée et anime un blog littéraire qu’il baptise lesbellesphrases.skynetblogs.be.

Dans ASSORTIMENT DE CRUDITÉS, il nous propose une nouvelle intitulée  UN VIEUX MAÎTRE SM. On comprend bien que pour le mathématicien qu’il est, SM signifie « Système métrique »…

Extrait :

« Face à moi, la soumise est là, comme je l’ai réclamée, nue sous une veste mi- longue, chaussée d’escarpins. Une fois son seul vêtement enlevé, je fixe des détails. Un corps large de bassin et étroit des hanches. Une peau fine aux veines apparentes, des seins piriformes aux tétons presque translucides. Même opalescence pour la chair rosée de toutes ses lèvres. Des yeux gris-bleu. Une chair très innervée que je devine, par expérience, hyperréactive, apte à frémir. Tout dans ce jeune corps au sortir de l’adolescence donne les signes d’une admirable vitalité, d’un système organique en parfait état de marche. Cela ne m’est plus arrivé depuis des décennies : je bande. »

Sade11da7# 2 Massimo Bortolini

massimo-celle-qu-il-prefere-nb.jpgNé en 1961, MASSIMO BORTOLINI peut désormais prétendre que l’âge n’arrange rien, en tout cas pas tout ou alors pas grand-chose. Bruxelles, où il est né par hasard, lui a donné le goût de l’a-peu-près, du grand n’importe quoi et de l’instable maîtrisé.

Tour à tour et tout à la fois cunnilinguiste, maître queux, couille molle, éjaculateur loquace et bite d’amarrage, Massimo Bortolini a commencé par donner dans la nouvelle fraîche, avant de faire de sa vie une totobiographie et de poursuivre dans le jeux de mots à deux baballes.

Parmi ses faits d’armes, en 2013, il a publié « Vos gueules les muettes » chez Cactus Inébranlable, un recueil d’aphorismes tout en humour et en poésie où il égratigne à tout-va. La même année, il publie également « Je n’ai pas dit mon dernier mort » aux Éditions Traces de Vie.

Quand sur un blog il écrit qu’il s’est offert un petit canon, ce n’est pas une arme ni un coup de pinard, c’est un appareil photo. Est-ce parce qu’il en fait un si bon usage, parce qu’il nous la renvoie parfois si belle, cette réalité qui ne l’est pas toujours, qu’il se débrouille aussi bien avec les mots ? L’hypothèse est posée, l’histoire jugera.

En tout cas, celle qu’il nous propose dans ASSORTIMENT DE CRUDITÉS ne manque pas d’humour. Malicieusement intitulée J’AVOUE QUE J’AI SOURI, elle nous raconte l’histoire d’un brave homme de 69 ans qui, pour son anniversaire, reçoit de ses amis la possibilité de passer une demi-heure avec une prostituée…

Extrait :

« Oui, oui, elle était au bar de l’hôtel comme vous me l’aviez dit. Nous sommes montés directement dans la chambre, très belle aussi la chambre, grande surtout, je n’avais jamais vu de chambre aussi grande. J’ai mis du temps à entrer. D’ailleurs, elle l’a remarqué. Elle m’a dit : « Alors chouchou, ne sois pas timide, entre. Je reviens tout de suite, installe-toi. »

Son téléphone a sonné. Cela n’avait pas l’air très important. Elle a vite réglé ça.

« Non, pas maintenant, je suis avec un client. Oui, c’est ça, dans une demi-heure, j’aurai terminé. À plus tard. »

Une demi-heure… Je ne savais pas que c’était minuté à ce point. Une demi-heure, c’est presque le temps que je mets à me déshabiller. Je peux vous dire que ça m’a fichu un coup… Enfin, heureusement qu’elle était plus dégourdie que moi. »

 90945290 o# 3 Styvie Bourgeois

StyvieSans doute la plus jeune des auteur(e)s de ce recueil puisqu'à trente et des années, cette mère de famille touche-à-tout fait aujourd'hui son entrée dans le monde fermé (?) des auteurs publiés.

Cette bricoleuse de génie, passionnée par les brocantes, tour à tour peintre, menuisière, customiseuse... s'est depuis quelques temps formée aux technologies modernes de l'infographie pour s'investir efficacement dans les tâches liées à l'image et à la mise en page, au sein d'une maison d'édition.

Sensuelle et libérée, elle a relevé le défi d'écrire un texte érotique qu'elle a intitulé: "Ceci est bien une pipe". Elle y démontre à quel point elle maîtrise l'art de la nouvelle...

Extrait:

"Je l’imagine debout face à moi et moi, tombant à genoux devant lui. Son regard impassible et moi, entreprenant de défaire sa ceinture, de déboutonner son pantalon et d’abaisser la fermeture éclair. Je plonge la main et découvre sous mes doigts un sexe d’une taille impressionnante. Et toujours l’eau à la bouche. Je dégage délicatement son membre, le regard plongé dans le sien. Je sens la fermeté, la moiteur. Je n’ose poser les yeux sur l’objet de ma convoitise. Je crains que cela me fasse perdre tous mes moyens. J’ai peur de ne pas oser. Ou pire encore, j’ai peur de ce que j’ai envie de faire. Je salive toujours et je suis envahie d’une pulsion qui me dépasse. Je ne sais plus résister et je baisse les yeux sur une verge rigide, gorgée de sang à un point que je crois presque apercevoir les veines qui palpitent sous la peau diaphane. Appétissante. Un gland gonflé, violacé et luisant. Alléchant. Je ressens une chose inconnue. Une chose qui me tord le bas-ventre, qui me brûle l’entrecuisse."

# 4 Isabelle Buisson

IsabelleCette Parisienne baigne dans l'écriture et la littérature depuis des années. Après avoir entamé sa carrière chez ARTE, elle décide en 97 de se consacrer uniquement à des activités liées à l'écriture. Elle écrit et publie des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre, des guides, des scénarios, des biographies... Elle anime des ateliers d'écriture, travaille dans la réécriture, dans le conseil littéraire, dans l'accompagnement de projets littéraires...

Et comme elle aime écrire dans le domaine du désir, de la sensualité et de l'amour et qu'elle s'intéresse depuis longtemps aux relations duelles entre les hommes et les femmes, aux attentes différentes des uns et des autres et aux leurres des relations sans contraintes ni limites, elle s'est prêtée au jeu de cet Assortiment de crudités en sortant de ses cartons un texte appelé "Trentaine amère".

Extrait:

 "Une cahute vitrée comme la cabine d’un navire arrimé au boulevard. Accroché à la façade, comme un pavillon hissé haut, le nom du bar scintille en lettres rouges électrifiées. C’est Le Couloir. Un videur bodybuildé ouvre la porte vitrée à leur arrivée. Derrière un rideau de velours rouge, un bar de nuit. Un couloir exigu longe un zinc où toute une population noctambule, du bobo à la pute en passant par le dernier acteur à la mode, picole et rigole dans les volutes de cigarettes. Musique trop forte pour le couple aux jambes coupées. Embouteillage dans le couloir. Mélanges des souffles et des corps accoudés au comptoir, adossés au mur peint de rouge carmin. Lumière tamisée. Érection fluorescente de touilleurs orange plongés dans des verres à cocktails. Le couple nouvellement arrivé creuse une brèche jusqu’au comptoir. Annabelle commande deux gin-tonics à Djamila, la barmaid criarde, dont les seins ronds se baladent derrière un décolleté plongeant. Pourtant, Annabelle n’a pas envie d’alcool. Elle est grisée de désir comblé, ça lui suffit. Ils ne se parlent pas. Ils sirotent abrutis leur gin-tonic avec une paille. Leurs regards se rencontrent souvent. Ils se sourient. Leurs yeux sourient."

Clette# 5 André Clette

BusteNé à la faveur du baby-boom, il met son enfance à profit pour répertorier les mille et une plaisanteries que suscite son patronyme : Clette, raclette, chiclette, ta femme s’appelle Mariette ?

Dessinateur aussi fainéant que chevelu, et exhibitionniste forcené, il commence par gagner sa vie en ouvrant son âme et son carton à dessins dans les débits de boissons de la capitale et publie ses dessins dans divers journaux et opuscules anarcho-pacifistes.

Rejoint, dans les années 70, par une brochette d’énergumènes, ils gaspillent leur temps à bricoler de hasardeux films d’animation et à promouvoir le mauvais goût expérimental dans l’éphémère magazine Kloak, avant de créer le mensuel satirique Rictus.

Esthète pervers, nourri du Marquis de Sade et renommé pour ses rognons sauce madère, il s’adonne, avec ses compères, à l’expérimentation vidéo, à la radio déjantée, au divertissement scénique et à l’écriture de livres de potaches.

Dans le même temps, il pousse le cynisme jusqu’à perdre ses cheveux pour se donner le look sérieux d’un agent de l’État chargé de sauver de gré ou de force le prolétariat du chômage.

Quand il ne joue pas à l'historien loufoque, au chroniqueur goguenard ou au critique d’art dilettante, quand il ne refait pas le monde nuitamment en alignant avec ses complices des armées de bouteilles de vin rouge, il lui arrive de rêvasser sans objet en jetant alentour un regard perplexe.

Il s’adonne alors à la peinture, à la sculpture, au jardinage et à l’élevage de moutons.

À l’hiver de ses soixante-cinq printemps, il s’essaye ici à la littérature érotique. De mémoire.

Bibliographie

1989 : Les années 80, inventaire et mise en boîte, auteurs : Martine Vandemeulebroucke, Stéphane Baurins, André Clette ; dessins : Philippe Geluck, Pierre Kroll, Willy Wolsztajn. Éd. Casterman. Livre culte auprès de certains publics, cet opus est désormais un collector.

1994 : coauteur dans le livre Questions royales, dirigé par Hughes Lepaige. Éd. Labor.

1996 : Histoire du Belge Tome 1 : Des iguanodons de Bernissart à la Muette de Portici. Stéphane Baurins & André Clette à l’écritoire, Willy Wolsztajn & Jean-Claude Salémi à la planche à dessin. Éd. Luc Pire. Première étape d’un monumental essai satirique, loufoque, parodique et entomologique qui ne verra son achèvement qu’en 2005.

2005 : Histoire du Belge Tome 2 : Du début à la fin. Éd. Luc Pire. Après neuf années d’efforts, de flemme et de vaticinations.

Dans Assortiment de crudités, André Clette, dans la nouvelle "Sur le bout des doigts" se livre à un véritable exercice de style!

Le pitch: lui, étudiant en médecine à la recherche d'un endroit désert pour potasser ses cours, elle, une jeune femme slovène qui débarque sur cette plage où il a trouvé refuge... Il va se servir d'elle comme d'un planche anatomique...

Extrait:

"C'est en revenant vers la plage qu'il l'avait aperçue.

Blonde, cheveux filasse en désordre, plutôt grande, mince voire maigre, ample chemise bleue, petit short blanc, très petit, longues jambes, pieds nus, paire de sandales à la main. Elle longeait le rivage en boitant légèrement.

Merde, il n'était pas seul !

Il avait attendu, espérant qu'elle passe rapidement son chemin, mais elle l'avait vu et s'était arrêtée en lui faisant un grand signe de la main. Il lui avait retourné son salut, attendant toujours qu'elle se soit éloignée avant de sortir de l'eau, mais elle restait à l'arrêt sur la plage, à la limite des vaguelettes. Elle continuait à lui faire signe. Toujours dans l'eau jusqu'à la taille, il avait agité la main à nouveau, un peu agacé. Elle avait répondu par un geste plus pressant, lui faisant signe d'approcher. À contrecœur, il s'était alors décidé à la rejoindre.

Quand il fut à trois mètres d'elle, elle plia une jambe, se tenant en équilibre sur l'autre. Elle lui montrait son pied droit comme pour indiquer qu'il lui faisait mal. Il s'approcha encore, vaguement embarrassé d'être nu, mais elle ne semblait pas s'en soucier."

# 6 Hélène Dassavray

Née environ au milieu du siècle dernier, le jour de la Saint-Amour, Hélène Dassavray vit, travaille, écrit, aime, dans le Sud de la France.

Successivement bibliothécaire, libraire, animatrice d’atelier d’écriture, elle publie depuis 2008 des romans et des recueils de poèmes, elle tient également chaque jour un journal sur son blog.

Sa devise : « On peut vivre de sa plume, tout dépend où on la met » (José Arthur)

Les Ruines de la future maison - Roman – Collection À Charge -Éditions À plus d'un titre – 2008

Des contes et des faits - Poésie - Éditions Klanba – 2010

Le dimanche, je m'appelle Olivier - Roman - Collection A Charge - Éditions À plus d'un titre – 2011

Des hauts et des bars - Poésie - Éditions Hors Cadre - 2011

C’est gentil d’être passé – Poésie – Éditions du Pédalo Ivre - 2013

Femme de Lune et de Sagesse, intégrale - Journal - Éditions Hors Cadre - 2013

 Ouvrages collectifs

 La Souris Déglinguée - 30 nouvelles lysergiques - Éditions Camion Blanc - 2011

 Buck you - Éditions Gros Textes -  2013

 À suivre sur : http://helene.dassavray.over-blog.com/Avt helene dassavray 2648

 

Dans le recueil de nouvelles érotiques, Hélène Dassavray propose un texte intitulé "Le lièvre et la fontaine", un récit dense, court, percutant où elle compare l'acte sexuel à la lecture (ou à l'écriture) d'un texte... Etonnant !

Extrait:

Je l’ai soulevé comme un lièvre dans un vernissage très interpellant quelque part. À la vue de ses mains, ma première pensée a été de les imaginer sur ma peau, et ça donnait envie. Je le lui ai dit. J’aime les textes qui vont droit au but, je ne lis pas les avertissements au lecteur et je déteste les préfaces. Il a répondu qu’on pouvait essayer, loin de moi l’idée d’en faire une généralité, mais parfois la vie est simple.

Mon lièvre du soir est rond, les mains larges, un œil pétillant et l’autre amer, une faiblesse dans le visage qui raconte une histoire que je ne veux pas connaître, moi non plus je ne suis pas née de la dernière pluie. Dans ce contexte, tout ce qu’il y a à savoir c’est si les peaux comme les mots s’agencent ensemble et donnent du sens.

S’il me fait jouir, il aura une surprise, je suis un texte à chute. À chute de reins, là où je voudrais qu’il pose ses mains. Pour l’instant elles sont sur mes seins, il les tâte, les palpe, les caresse, puis il pince le bout, doucement. Ça fonctionne, mes fesses se cambrent. Elles l’appellent, il peut clore le chapitre des seins, y revenir plus tard, je veux qu’il touche mon cul. Il comprend, mais il l’effleure comme un lecteur du dimanche, ceux qui ont peur des phrases ne demandant pourtant qu’à être prises à pleines mains.

Il m’embrasse, au moins il sait cela, quand l’action faiblit revenir à la bouche comme on revient au texte. 

# 7 Eric Dejaeger

DejaegerÉric Dejaeger (1958-20**) a les cheveux plus longs que le membre viril et les bras plus ballants que les parties nobles. Il écrit tout ce qui lui passe par la tête, mais ne bondit pas sur tout ce qui porte jupon. Contrairement à ce que certains de ses lecteurs pensent, il a une sexualité tout à fait naturelle. Époux, père, grand-père et professeur d’anglais, il a réussi à trouver le temps de se faire publier une trentaine de fois.

Collectionneur et spécialiste de l'oeuvre de Jacques Sternberg, Éric Dejaeger excelle dans l'art du texte court: la nouvelle, le conte, l'aphorisme, ce qui ne l'empêche pas de commettre quelques romans comme La saga Maigros et Un privé à bas bilan, parus chez Cactus Inébranlable.

Quelques repères bibliographiques:

Quinze poèmes, un calligramme et une nouvelle, in Buk You! (ouvrage collectif autour de Charles Bukowski), Éditions Gros Textes, 2013

NON au littérairement correct ! (préface d’André Stas), Éditions Gros Textes, 2011

Le seigneur des ânes, maelstrÖm réÉvolution, 2010

Prises de vies en noir et noir, Éditions Gros Textes, 2009

La cité des Fleurs Fanées, Éditions Mijade, 2008

Les pensées d’un ortieculteur, Les Ateliers du Tayrac, 2006

Lexique d’anthropoclastie, Éditions Gros Textes, 2006

Contes de la poésie ordinaire, Éditions Memor, 2005

Dans la vie à coups de pioche, Éditions Gros Textes, 2004

Jivarosseries, Éditions Memor, 2004

Élagage max… (préface de Jacques Sternberg), Éditions Memor, 2001

Dans Assortiment de crudités, il signe une nouvelle intitulée L'anthologiste... une nouvelle qui raconte l'hisoire d'un mec qui lit une nouvelle...

Extrait:

"Il continue son travail tandis que je commence un lent mouvement de va-et-vient sur sa hampe. Je pose mon autre main sur mon intimité révélée. Je me cajole tendrement. Mon bouton de rose s’épanouit, arrosé de mon flux de femelle prête pour la saillie. « Vous êtes prête, dirait-on. » J’acquiesce de deux cillements des paupières. Sans trop s’écarter pour que son sexe reste prisonnier de mes serres, il approche une table à roulettes. « Je vais faire une petite anesthésie, vous ne sentirez rien. » Je suis tellement concentrée sur le travail de mes mains que je ne me préoccupe plus de rien. Je lui fais entièrement confiance. Sa fraise tourne à plein régime lorsque j’arrive à la jouissance. Elle est bien bonne, celle-là ! Un orgasme dans un fauteuil de dentiste ! Il éclabousse mes seins de sa semence un peu plus tard, tout en comblant le trou qu’il a creusé dans ma molaire. Du grand art, de rester concentré pendant de telles secondes !

Berthe avait raison : ce dentiste est génial ! Dorénavant, je ne craindrai plus de venir. Et même s’il est plus cher que les autres, qu’importe ! Jouir en se faisant soigner une dent, ça n’a pas de prix ! Je me demande même si je ne vais pas me mettre à manger plus de sucreries..."

# 8 Cathy Garcia

0 cathy garciaFemme de plume et femme de chair, elle brasse tous les éléments dans un grand creuset de création, pour en tirer substance vive. Éros s'y baigne aussi nu que Thanatos, le noir plaît autant que la couleur, l'essentiel étant de dissoudre les frontières, noyer les préjugés, décoller les étiquettes. Artiste indisciplinée, poète aux courbes certaines, elle n'a pas froid à la langue et ne craint pas d'y mettre les mains, cœur, corps et âme.

Cathy Garcia est née à Hyères (Var) en 1970. A été artiste de théâtre de rue, principalement avec les Plasticiens Volants (1991-2003).

Aujourd’hui auteur (http://cathygarcia.hautetfort.com/) et artiste plasticienne  (http://gribouglyphesdecathygarcia.wordpress.com/).

Fondatrice de la Revue Nouveaux Délits (2003) : http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/ et de l’association du même nom (2009) : http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/ ainsi que du blog Délit de Poésie : http://delitdepoesie.hautetfort.com/. 

Elle a édité une vingtaine de recueils. Publiée (et traduite) dans de nombreuses revues en France et à l’étranger. Ses œuvres illustrent des revues et des recueils de poésie. Elle fait également des notes de lectures (littérature et poésie adulte et jeunesse) pour divers sites et revues littéraires et de la photo en amateur (http://imagesducausse.hautetfort.com).

Elle a également exposé à Cahors, Tarbes, Tours, Limogne-en-Quercy, Rignac, Château de Seedorf (Suisse), Limoges, Cajarc, Souillac, Carmaux.

Dans le recueil, Cathy Garcia propose un texte intitulé Comme tu me rêves, une nouvelle brève, qui va droit au but, économe en circonvolution de langage et qui frappe juste... là où il faut.734302 604138612930393 498704119 n

Extrait:

"Deux hommes, ils sont beaux, leur désir bien en main. Se caressent, jouent, provoquent. Tes mains bruissent, cheveux, visage, gorge, tétons pincés, cuisses largement écartées, sans retenue, regards ébroués sur mon ventre. La fente, langue tirée. Obscène, mon fendu de bavouilleuse ? Un doigt glisse dans ma bouche. Suce, lèche, lèvres gourmandes, pulpeuses sur sexe miniature. Les deux hommes apprécient, vigoureusement, dos arqué, mâchoire tendue… Ta verge au gland rouge, vif au point d’éclater. Les deux hommes, frôleurs, une langue dans ma figue, tourne, va, vient, tourne encore. Mots inaudibles, mais terriblement excitants. Toi aussi, chuchotis de douceurs ordurières, mots crus, ces trop pleins d’amour. Ma chair se cabre, s’enflamme. Deux doigts, trois doigts dans la douce entaille. Les deux amants haletants fouillent, fourragent entre mes fesses, soulevées par la houle des gémissements. Baisers, morsure saoule."

# 9 Sylvie Godefroid

SylvieSur le site de la maison d'édition Avant-Propos, Michel Joiret la décrit de cette manière:

 

« Sylvie Godefroid balance depuis toujours entre lecture et écriture, tantôt en sacrifiant à la découverte de l’une, tantôt en subissant la tyrannie de l’autre. Et tout ceci avec le même délice. Romancière depuis peu, poète depuis toujours, Sylvie Godefroid s’introduit avec grâce et humilité dans le paysage des Lettres belges. Certains la décrivent déjà comme la nouvelle Dame de cœur dont les mots trahiraient une sensibilité, une émotivité et une mélancolie dissimulées sous une faconde de bon aloi et dans les vagues d’un sourire permanent… Il serait un peu réducteur de s’arrêter au charme – par ailleurs incontestable – d’un écrivain qui force les portes de la nuit pour entrer dans la solitude absolue des mots. Philippevilaine de souche et Bruxelloise d’adoption, Sylvie Godefroid voit le jour, en 1973. Le « Pays Noir » tracera au fusain les détours d’une personnalité mélangée, plongée dans les lavis d’une belgitude aux couleurs vagues, mais éveillée aussi aux pinceaux de l’imaginaire. Elle assumera pleinement une telle bâtardise qui l’apparente aux grands hivers de Jacques Brel comme au peuple des brouillards et des rêves. »

Sur le plan professionnel, Sylvie Godefroid s'occupe de la coordination d'événements et des relations publiques de la SABAM. Elle déploie une belle énergie à faire connaître le travail de ses affiliés.

À son actif:

L’Anagramme des Sens, roman, Avant-propos, 2013

Chez Adam, roman, Éditions Praelego, 2012

Le triangle absurde, roman, Éditions Praelego, 2011

Destins croisés, roman, Éditions Société des Écrivains, 2006

La verve assassinée, roman, Éditions Société des Écrivains, 2005

Elle nous propose une nouvelle intitulée Les hommes ne viennent pas de Mars, un texte tout en subtilité, riche en métaphores, à l'érotisme latent. Une ambiance lounge... Assisesursesgenoux

Extrait:

"L’homme offre à ma stupéfaction un large sourire, découvrant sans pudeur des dents d’une rare blancheur. Des canines immenses, prêtes à croquer la vie en toute gourmandise. Des incisives saines, puissantes, incarnant l’image même d’une hygiène buccale impeccable, d’une haleine accueillante et mentholée, soignée à l’extrême. L’homme promène sur l’estrade de mon étonnement une langue coquine, amène, habile à courber en mots la fougue de ses images mentales, de ses inclinaisons abruptes de l’instant. Je m’étonne. L’homme semble parfaitement maîtriser les volutes cendrées de ses désirs. Il n’est même pas gêné. Pas une once de timidité ne semble voiler l’éveil brutal du mat. L’homme assume la fièvre qui l’emporte, il s’en régale, s’en délecte. Le public environnant n’obstrue pas ses ambitions immédiates. L’homme ne se soucie ni de ses voisins de gauche ni de ceux de droite. Je tressaille. Même la luminosité de cette journée malicieuse ne semble pas être un frein à son emportement. Quelle révélation pour moi dont les hormones ne se libèrent véritablement qu’avec les premiers assauts de l’obscurité !"

# 10 Gauthier Hiernaux


GauthierCe Bruxellois d'origine montoise est un auteur compulsif qui publie des briques à un rythme d'enfer et de courts romans quand il s'ennuie.

Son domaine de prédilection, c'est plutôt le fantastique. 

Depuis 1994, il imagine l'univers de sa saga intitulée L'empire de la nouvelle Ere, une utopie en dix tomes dont cinq ont déjà paru.

L'homme se définit ainsi: grand mâle caucasoïde de moins de quarante ans, relativement bien conservé malgré un léger embonpoint et un dégarnissement sauvage. Ajoutons que c'est un véritable cordon-bleu qui dépose régulièrement des photos de ses prouesses culinaires sur les réseaux sociaux.

 

Il a publié:

Une Pie dans le ciel de Saigon, Éditions Chloé des Lys, 2013.

MallaurigCactus Inébranlable éditions, 2012  

Grandeur et décadence de l’Empire de la Nouvelle Ère  (série en cours) - 5 tomes parus chez Chloé des Lys entre 2007 et 2012.

Lucioles, Éditions Chloé des Lys, 2012.

Tribu silencieuse, Éditions Chloé des Lys, 2011.

La nouvelle qu'il nous propose se déroule dans le milieu des peeps-shows. Elle s'appelle L'odeur du métal sur les doigts.

Extrait:

"Au début, il ne voit rien d’autre qu’une lumière aveuglante qui lui brûle les yeux. Instinctivement, il recule jusqu’à la paroi. Il fait un pas vers l’avant et voit la scène : une estrade ronde tout en couleurs et strass qui tourne lentement. Au centre, un vêtement de soie bordeaux délicatement posé et un soutien-gorge en dentelle. Au loin, une voix de femme étouffée par l’épaisseur du mur et la musique techno. Franco penche la tête de l’autre côté. La fille aux cheveux blonds coupés au carré lui tourne le dos. Elle est entièrement nue mis à part une petite culotte du même modèle que le déshabillé qui trône au centre du cercle. Elle se penche vers la vitre d’une autre cabine et semble entretenir une conversation qu’il a subie mille fois. La fille soulève une jambe fraîchement épilée en riant et passe à un autre client. Franco a le temps de voir sa maigre poitrine aux mamelons pointus lorsque le rideau lui cache la suite du spectacle. Qu’importe, ce n’est pas pour elle qu’il est enfermé depuis cinq minutes dans ce réduit étroit et puant."  

# 11 Ziska Larouge

Sous le pseudonyme de Ziska Larouge se dissimule une jeune Bruxelloise qui s’essaie à tout, absolument à tout ce qui tourne autour du plaisir… des mots et de l’expression : haïkus, nouvelles, romans, scénarios, ateliers d’écriture, conceptions graphiques, chant…

Ziska Larouge est membre de ScriptaLinea Aisbl, un réseau d'écritures littéraires et sociales composé de « Collectifs d'écrits ». Elle est active au sein du « Collectif de la Ligne 10 » (recueils en ligne sur collectifsdecrits.org).

Décembre 2013 délivre le premier numéro de Double auteur, un concept né de sa rencontre avec Stan Arte, photographe.

Convoitez-la, ici dans sa nouvelle Tambours et… dévorez-la sans retenue !

Un texte où l'auteure se place dans le regard d'un homme, où deux histoires cohabitent... Tout commence dans une laverie...

Extrait:

"Je me laisse tomber sur une banquette molle, qui lèche les murs tout du long. Les coussins mauve et or sont parfumés à la lavande. Une musique sonne tout bas. Des tambours encore. Mon esprit dérive jusqu’à la laverie. J’en ai complètement oublié ma lessive. Je jette un œil à ma montre. Est-il encore temps ? Je me lève.

Comme par enchantement, mon hôtesse paraît. Elle passe devant moi sans me voir. Je ne peux m’empêcher de la suivre des yeux. Ses formes voluptueuses ne sont pas de mon goût. Elle me bouleverse pourtant. Je la vois qui dérange les coussins, à l’opposé de moi. Elle se penche, croupe tendue. Je frissonne. Me rassois. D’un coffrage, elle tire un lourd tissu, le dispose savamment au milieu de la pièce. L’opération lui prend quelques minutes. Enfin satisfaite, elle s’éclipse en silence.

Je compte vingt secondes avant de céder à la curiosité. M’agenouille. Sur les dalles, un costume de théâtre. Une peau d’âne. Je rêve !

J’attrape mon carnet. À moi ma belle ânesse et sa chambre bleue !"2879b

# 12 Jean-Philippe Querton

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Auteur de nombreux ouvrages, inventeur de Cactus Inébranlable éditions, père de famille (très) nombreuse, formateur en communication, il s'est mis en tête de monter ce projet d'éditer un recueil de nouvelles érotiques parce qu'il s'intéresse aux tabous, aux interdits, parce qu'il pense qu'on peut tout dire, tout écrire... il suffit d'avoir des lecteurs assez intelligents pour recevoir les textes...

Epris de liberté, d'indépendance et d'individualisme, il se bat contre toutes les formes de censure et est heureux de compter parmi ses amis de véritables libres-penseurs, de dignes descendants de la Belgique sauvage. D'ailleurs, c'est un sauvage.

 

Il a publié:

Chez Cactus Inébranlable éditions :

Des capiteuses pensées, recueil d’aphorismes, 2011

L’homme à la Chimay bleue, collection Cactus Noir, 2012

Les Perdants, collection Cactus Noir, 2013

La Méthadone m’a tué, témoignage, co-écrit avec Giovanna Piras, 2013

Chez d’autres éditeurs :

Le Poulet aux Olives, polar gastronomique, Éditions Chloé des Lys, 2004

Voulez-vous de mes nouvelles ?, Éditions Par Hasard, 2005

Pronunciamiento, roman, Éditions Azimuts, 2005

Mortelle Praline, roman, Éditions Papiers de Lune, Mons, 2007. Réédité par les Éditions Chloé des Lys, 2010

Aphorismes et Terrils, Éditions Par Hasard, 2009

Les Trésors de la cuisine du Hainaut, Imprimeries Provinciales Éditions, 2011

Contribution :

Crime à l’eau de rose, nouvelle, recueil collectif : Écrits meurtriers (à la Foire du Livre), ARTES, 2013

Le site de l’auteur :

http://jeanphilippequerton.e-monsite.com

Dans Assortiment de crudités, il propose une nouvelle intitulée Joyeuse entrée dans les annales, un texte qui n'évoque pas l'intronisation des nouveaux souverains belges mais qui évoque la thématique séculaire du quiproquo... ou comment les choses se passent lorsque l'on ne fornique pas avec celui (ou celle) que l'on pense...

Extrait:

"Ce soir-là, sans doute « engaillardi » par le vin, Pierre fit mine de se tromper d’étage et pénétra dans la chambre d’Anaïs. Il y faisait très sombre, à peine apercevait-il une ombre allongée, la forme d’une vague, une ravissante ondulation. Téméraire, il se dévêtit et s’allongea derrière la belle. Si elle se mettait à hurler, il serait encore temps d’invoquer la responsabilité paternelle, cause de l’état d’ébriété dans lequel il se trouvait.

Elle remua à peine, poussa un léger gémissement et recula pour mieux se coller à lui. Il n’en revenait pas qu’elle tolère sa présence. Son sexe était dur comme une branche d’olivier, il craignait par-dessus tout inonder le dos de sa cousine d’une éjaculation qui n’allait pas tarder à surgir. Il lui caressa doucement les fesses, écartant lentement les deux lobes de ce derrière somptueux, il risqua un doigt mouillé dans la raie de son derrière, du coccyx jusqu’à l’entrejambe d’Anaïs, découvrant stupéfait qu’il était humide. Il n’en pouvait plus, il sentait qu’elle l’attendait et lorsqu’il voulut la pénétrer, approchant son gland de l’entrée huileuse du sexe de la jeune fille, elle s’écarta brutalement pour lui en interdire le passage. Elle murmura « Non » très délicatement, puis sa respiration reprit le rythme régulier du dormeur. Pierre se mit à paniquer. Ce qui était un comble dans sa situation. Il patienta en se caressant lentement de la main gauche pendant la droite parcourait délicatement la hanche de sa cousine."

 

 

# 13 Thierry Roquet

Thierry 1Est né en 1968 en Bretagne, d’où son goût pour la moule.

Il vit en région parisienne, banlieue sud (prendre le bus 191 ou la ligne « 13 » du métro).

Au fil du temps, est devenu un beau chômeur, avec barbe de plus de 3 jours et de moins en moins d’indemnités.

A quand même publié les inoubliables recueils (d’après sa femme) : Un bretzel entre nous et Tristana, d’un trait (Mi(ni)crobes, Belgique), Comme un insecte à la fenêtre (Gros Textes, France), 9 bureaux en quête d’employés (-36° Éditions, Suisse) et Le fabuleux destin qui pédalait dans la choucroute (Asphodèle, France).

Quand il n’écrit pas, aime la fellation contrôlée, le cunnilingus à air comprimé, la sodomie à visage découvert, la levrette belge amère et Richard Brautigan, évidemment.Longtemps échaudé par l’eau froide, a fini par trouver chatte à bonne température.

N'oublions pas de signaler qu'il vient de signer une contribution dans Buk You, un recueil collectif paru chez Gros Textes et inspiré par Bukowski (Charles). Lorqu'il a écrit la nouvelle qu'il nous propose ici, il devait toujours se trouver sous influence. Nouvelle intitulée Jouer du sexe comme dun instrument désaccordé.

Extrait:

Quand Florence sort de la douche, elle se poste devant moi, rayonnante.

L’eau perle encore sur ses énormes nibards. Plus gros que ceux de Marie. Sa chatte n’est pas épilée. Un duvet noir, intense. Elle s’essuie les cheveux, en penchant la tête. Elle sourit.

Je la fixe sans pouvoir détourner le regard. Son corps respire la baise à plein nez. Elle est faite pour ça, pour être baisée, je le sens. Y a comme une odeur persistante ici. Une odeur de corps suants d’étreintes, de sperme séché, de vulve dégoulinante.

Elle essuie lentement ses seins, ses jambes, son sexe. Elle me sourit toujours, d’un air presque ingénu.

Hormones. Pulsion. J'ai envie de la prendre. Là, maintenant. Sans plus attendre. Je vais me faire virer de mon taf, je vais rater le dernier métro, je vais choper une saloperie, mais c’est pas grave : JE VEUX D’ABORD LA NIQUER !


# 14 Guillaume Siaudeau

GuillaumeGuillaume Siaudeau ne souhaite pas dans ce portrait se mettre à nu, il n'enlèvera pas le bas, ni le haut, il n'est pas un garçon facile, vous ne verrez rien, ne saurez rien de son corps, il faudra vous contenter de ces quelques bouquins déjà publiés :

 Tartes aux pommes et fin du monde (Roman) /Alma éditeur / 2013

Ces bus qui n’arrivent pas (Poésie) / La Matière Noire / 2013

Les chaussettes de l’âme (Poésie) / H’artpon éditions / 2012

4 saisons sur la langue (Poésie) / Éditions du petit véhicule / 2012

Petites histoires pleines d’importance (micro-nouvelles) / Éditions Le chat qui louche / 2012

Jus de bouche (Poésie) / Gros textes / 2011

La nuit se bat sans nous (Poésie) / Le Coudrier / 2011

Quelques crevasses (Poésie) / Éditions du petit véhicule / 2011

Boucle d’œil (Poésie) / Nuit Myrtide / 2010

Poèmes pour les chats borgnes (Poésie) / Asphodèle éditions / 2010

Pour le recueil de nouvelles érotiques, il nous propose une lettre de Charles à Betty...

Extrait:

"Vous m’avez appris qu’il est des gémissements bons à entendre. Que tout un tas de rictus ne ressemble pas à la douleur. Je ne parviens plus à faire tout seul. Il me faut de votre chair, de vos mots, de vos petits cris postés aux quatre coins du silence quand l’appartement est trop sombre pour s’y sentir aimé. L’homme est définitivement incapable de se masturber éternellement devant une photo d’identité. Ici, les nuits sont trop nombreuses, qui font hésiter entre jouir seul ou se fendre le crâne."Images 1

# 15 André Stas

Théophile de Giraud écrit ceci:

Présenter Stas ! Le collagiste Stas, l’écrivain Stas, l’entité Stas : autant tenter de présenter une galaxie exotique peuplée d’astres tentaculaires et de jeunes étoiles au sexe en fleur père-paix-tue-elle-ment lubrifié d’acide sulfurique.

Pataphysicien de naissance, Stas a-t-il un âge ? Tombé officiellement le 19 novembre 1949 sur notre planète trouée de puits périlleux, quiconque l’approche fraternellement lui découvre l’âme immortelle et lutiniforme, ô combien sympathique, d’un chiot de quatre mois et des poussières.

Par contre et par aceptif, quiconque l’approche intellectuellement, artistiquement, collagistement et scripturalement lui découvre la puissance d’une ogive nucléaire chirurgicalement lâchée sur le New-York infâme de nos conformismes, de nos refoulements et de nos platitudes inhumainement humaines.

Indompté de naissance, Stas a-t-il une identité sociale ? Licencié en philologie romane, il déjouera la trajectoire professorale qui s’offrait à lui en devenant animateur au Creahm, le Centre liégeois d’Art Différencié, où il s’attachera à mettre en valeur l’étonnante expression plastique de psychés non-domestiquées par notre civilisation de castrateurs professionnels et de cultureux radotants jusqu’à la bave la plus molle. Il sera, aux côtés du fidèle Michel Antaki, de l’aventure, ô combien vivifiante pour le cœur de la Cité Ardente, du Cirque Divers, haut lieu de la subversion jubilatoire qui fit phénix en devenant à la fois le journal C4 et la galerie D’une certaine Gaieté. Il sera encore, ne l’oublions pas, l’indéfectible ami, et parfois aussi le documentaliste complice,  d’André Blavier,  le mage verviétois auquel l’histoire des lettres francophones doit une somme inégalable sur les « Fous Littéraires ». Nous devrions, pour être juste, toucher à l’impossible en évoquant toutes ses amitiés (avec Marcel Mariën, Noël Godin, Tom Gutt, Arrabal, Frémion, Verheggen, André Balthazar ou encore Franz Bartelt, pour n’en citer qu’un jovial bouquet), liens humains et mamelles artistiques dont la prégnance ira jusqu’à structurer certaines de ses œuvres, ainsi de ses inépuisables « Bibliothèques à classer » où se déploie en kaléidoscope l’univers intime et fantasmatique du maître. Enfin, il fut, il est et il sera le compagnon d’art et d’amour de la délicate Fanchon Daemers, chanteuse rebelle à la voix d’une poésie et d’une hallucinogénialité toutes celtiques.

Incréé de naissance, André Stas existe-t-il ? D’un point de vue pataphysique, cette question n’a aucun sens, puisque ses créations attestent à suffisance le frétillement ontologique de quelque chose d’inouï qu’il nous faut bien nommer les bébés chamanistico-noétiques d’André Stas. Bébés bizarres  et savoureux  sur  la  langue  oculaire  s’il en est.  Se conjuguent  ainsi  dans  ses  collages   un   érotisme humoristiquement érectile, jeux inattendus d’images et de mots, détournements, pastiches, ubuquités, blasphèmes, cassages de gueules et de cons, rencontres improbables entre un anus et le faciès d’un empereur ou entre un pénis et un cadran d’horloge, le tout onctueusement arrosé d’un pessimisme hilaré digne de Topor et des plus grands princes de l’humour noir.

Pour enceriser davantage encore le gâteau de nos extases, l’homme de Spa, pas préhistorique pour un sou, s’aventure aussi dans l’écriture, comme s’il ne disposait jamais d’assez de gourdins pour démolir l’ignoble tout en faisant joujouir nos vignobles ! Parmi ses dernières publications incontournables, on citera « Les Radis Artificiels », aphorismes succulents (« Mon libre arbitre à la barbe du Très-haut brandit  la  carte  rouge »  ou  bien  « Au  vu  de  la  réalité, je  préfère me réfugier  dans mes  cauchemars ») parus  aux Ateliers du Tayrac ainsi que son récit-fable intitulé « Le Grand Karmaval », où se narre l’hilarante odyssée des âmes qui meurent comme on se mouche et se réveillent parfois dans le plus inattendu des corps, pour le plus grand orgasme de nos zygomatiques ! Bref, André Stas, il faudra bien l’admettre un jour, possède la puissance créatrice et subversive de nos meilleurs surréalistes : on ira donc voir sans faute ni délai une des très belles expositions qui lui seront consacrées prochainement et l’on en reviendra tétine aux lèvres en chevauchant un rhinocéros enturbanné de rires.

Stas, entité alchimique ? Bien plus que cela : c’est la pierre philosophale on vous dit !


DdStas, par contre, écrit ceci (auto-portrait):

André Stas se dépatouille plutôt bien, en définitive. Imaginez : il respire (quoique capacité pulmonaire = peau de chagrin). Tant qu’il est en vie, il fait ce qu’il a envie. Un rien l’amuse en permanence et son rire fuse (ir)régulièrement comme un cent de pets. Il ne vieillit pas trop mal (on le lui concède parfois). Il est monté comme un âne (même que c’est parfois problématique). Il colle quand il veut et décolle plus souvent encore. Il est effrayé par tout ce qu’il a derrière la tête autant que par ce qui lui passe par la fenêtre (et même qu’il l’écrit). Il n’a aucun scrupule pour faire profiter de la tessiture impressionnante de son météorisme. Selon Jean-Bernard Pouy : « Ce mec est une internationale à lui tout seul et reste une des seules bonnes raisons du rattachement éventuel de l’Hexagone à la Wallonie. » Et s’il vous emmerdre, vous n’avez qu’à le lui dire, il comprendra.

Collages, 100 Titres et Yellow Now, Bruxelles-Crisnée, 2013

Les nègres du Kilimandjaro, Au Crayon qui tue, Paris, 2012

Le décollement de la routine, Les Friches de l'Art, Libourne, France, 2011

Ubu roi ou la disparition du tyran polonais, Au Crayon qui tua, Paris, 2010

Entre les poires et les faux mages, Editions des Cendres, Paris, 2008 (Grand Prix de l'Humour noir Xavier Forneret 2009)

Mandalas, 100 Titres, Bruxelles, 2008

Les bornes reculées, Galopin, 2006

24 heures dûment, Galopin, 2004

Les cent nouvelles pas neuves, Galopin 2004

Le Grand Karmaval,  fable, Galopin 2003

Les radis artificiels, Ateliers du Tayrac, 2002

Battu hors des sentiers, Soumagne, Tétras-Lyre, 2002

L'embrouillamaxi, Morlanwelz, Les marées de la nuit, 1997

Grenailles errantes, Bruxelles, La Pierre d'alun, 1995

À la lipture de la rumite, Liège 1991

Extrait de L'homme aux yeux rouges:

 ... Échevelé, livide, au milieu de la plaine, l'Homme aux yeux rouges courut dix lieues sans jamais s'arrêter pour reprendre haleine. Dans sa course folle, il tua d'abord sauvagement toutes les bêtes qu'il rencontra, un vieux chien errant, un p'tit faon, des poules et puis le coq d'un village. L'Homme aux yeux rouges dev'nait de plus en plus méchant. On aurait dit qu'il voulait massacrer tout l' monde, tellement i' laissait des cadavres derrière lui. Même qu'une petite bergère a été retrouvée assise contre un arbre avec sa tête arrachée posée sur ses genoux. On saura que c'est sûrement lui qui a fait le coup, pasque sa p'tite culotte blanche était fourrée dans sa bouche. Tous les cheveux de l'Homme aux yeux rouges étaient devenus blancs d'un coup. Il riait à en faire pipi dans son pantalon, quand il ne hurlait pas des vilains mots...4ed0b36b

 

# 16 Michel Thauvoye


MichelMichel Thauvoye n’est pas quelqu’un de fréquentable. Ce tueur psychopathe, sans cœur et sans remords, ce cynique calculateur, cet égoïste notoire incapable de compatir au malheur des autres en a inquiété plus d’un(e) dans ses nouvelles précédentes. Et comme si tout cela ne suffisait pas, comme si la coupe n’était pas encore assez pleine, voilà maintenant qu’il nous révèle un autre aspect de sa sombre personnalité : c’est un obsédé sexuel, un personnage vicieux à qui il vaut mieux ne pas tourner le dos. Pour couronner le tout, c’est aussi, à l’occasion, un voyeur onaniste. Il vous dira que tout n’est que fiction, qu’il n’y a rien de vrai dans ses histoires, qu’il n’y a rien de lui dans les personnages qu’il décrit.

Personnellement, je n’en crois pas un mot…

Ses crimes principaux :

L’important, c’est la sauce, recueil de nouvelles (noires), Cactus Inébranlable éditions, 2013

Une croisière de rêve, recueil de nouvelles, Les éditions Amalthée, 2005.

En 2003, la nouvelle Les deux mésanges a reçu le premier prix du concours Polar de la RTBF.

En 2007, c’est Solidarité qui est récompensée dans ce même concours.

La nouvelle La ratification du protocole de Kyoto a été primée en 2004 au concours « L’été » organisé par l’hebdomadaire Femmes d’Aujourd’hui.

Sa nouvelle L'étroit ténor mérite le détour, elle met en scène un homme chargé de dépuceler l'amie de sa femme...3061 3

Extrait:

"- Alors ? demande Céline qui m’observe attentivement.

J’ai la gorge sèche et pas uniquement parce que l’autre ne m’a pas encore apporté mon verre.

- J’y crois pas, je finis par soupirer.

- Tu crois pas quoi ?

Je hausse les épaules, tellement c’est évident.

- Que tu as viré gouine, tiens !

- Je te croyais plus ouvert d’esprit, Michaël.

- C’est pas ça.

- C’est quoi, alors ?

- Laisse tomber.

Marion revient avec un Coca light et s’installe à nos côtés. Céline prend la main de sa copine et se tourne vers moi.

- Voilà ce que l’on veut te demander.

Trop abasourdi par ce que je venais de voir, j’en avais oublié qu’il y avait une deuxième partie à son message, que je n’allais pas m’en tirer à si bon compte – quelques minutes de honte, tout au plus, si l’on y réfléchit bien – et que peut-être le pire m’attendait.

Elle prend une longue inspiration avant de se lancer.

- Marion a toujours été lesbienne, contrairement à moi, tu en sais quelque chose.

Qu’est-ce qui a poussé Céline à changer à ce point ? Notre relation l’a-t-elle tellement déçue? Faut-il voir dans mes performances la raison pour laquelle elle est passée de l’autre côté de la barrière ?

- Et elle est encore vierge.

La fille sirote son verre et ne semble pas s’intéresser à la conversation. De mon côté, je ne vois toujours pas en quoi cela me concerne.

Céline hésite, se racle la gorge avant de poursuivre.

- Alors, évidemment, quand on… disons… quand on est ensemble, ça pose un problème.

Le type se pointe enfin et pose ma bière sur la table. J’en bois une gorgée avant de répondre

- Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je n’y comprends rien.

- Quand on baise, elle peut pas me pénétrer, ou alors faudrait qu’elle me rentre dans le cul et ça, j’en ai pas envie, dit Marion.

Je m’étrangle à moitié et, n’était-ce la crainte d’attirer l’attention dans notre direction, j’en aurais craché ma boisson. Un peu de mousse me sort néanmoins de la bouche, que j’essuie du revers de la main en regardant Marion.

Elle a repris sa paille et termine son verre tout naturellement, comme si de rien n’était, comme si elle ne venait pas de sortir une énormité.

- Donc, reprend Céline en souriant, ce qu’on voudrait, c’est que tu sois son premier.

Puis, devant mon regard ahuri :

- Que tu la dépucèles, quoi, si tu veux employer le terme adéquat.

- MAIS T’ES MALADE ! je hurle, me levant d’un bond et il faut un réflexe inouï des filles pour empêcher la table de valser au milieu de la terrasse.

Les autres clients se tournent vers nous, mais comme je me réinstalle plus calmement, l’intérêt diminue et ils retournent à leurs occupations.

- Vous êtes malades, toutes les deux, je souffle en les regardant.

Céline hoche la tête.

- Sincèrement, il n’y a pas de quoi te mettre dans un tel état. D’accord, c’est un peu particulier, mais je te le demande en mémoire des bons moments passés ensemble. Sans compter que je ne te demande pas le grand jeu, juste de percer ce foutu truc. En douceur, bien entendu.

- Et j’y gagne quoi, moi ?

- Tu y gagnes quoi ? Tu n’y gagnes rien, sinon le plaisir de m’aider.

Avec un petit sourire malicieux, elle ajoute :

- Note que si c’est ça qui te gêne, je peux te payer, bien sûr.

- Te fous pas de moi, s’il te plait.

Un groupe de joggeuses passe devant nous en combinaison moulante, une vision qui en temps normal m’aurait mis dans tous mes états, mais qui en l’occurrence ne me fait ni chaud ni froid.

- Il n’y a quand même bien d’autres moyens, non ? je demande.

- On voudrait que cela se passe de manière naturelle.

Tu parles d’une méthode traditionnelle !

Marion pose sa main sur mon bras, j’ai un mouvement de recul dont elle ne semble pas s’offusquer.

- Moi, je crois que ça peut se faire. C’est pas grand-chose pour toi et si j’en crois ce que m’a raconté Céline, tu es plutôt doué dans le domaine, non ?

- C’est d’ailleurs la raison pour laquelle c’est à toi que je fais appel, renchérit celle-ci.

Mine de rien, l’air de ne pas y toucher, elles avaient visé juste, au beau milieu de la cible.

Dès qu’il s’agit de leur bite, les mecs sont tellement prévisibles, m’avait un jour déclaré Céline alors qu’encore en sueur nous dégustions des cuisses de canard au cidre doux particulièrement bien réussies.

Mais voilà, même si le piège est gros, je n’en tombe pas moins dedans à pieds joints, un sourire béat aux lèvres, il n’est pas impossible que je bombe le torse, allez savoir jusqu’où peut vous mener une pointe d’orgueil mal placée.

- J’en ai gardé d’excellents souvenirs, susurre Céline en guise d’assaut final."

 

 

Dans les médias:

 

ASSORTIMENT DE CRUDITÉS

 

Collectif belgo-français

 

Jean Philippe Querton maître éditeur mais aussi maître queux réputé a réuni une pléiade d’écrivains belges et français, tous plus polissons de la plume les uns que les autres, pour préparer ce bel assortiment de crudités. Il a mis quelques feuilles de salade, de Larouge, mais aussi de la Roquet, des Bourgeois de sapins, une belle tranche d’Allard, un Buisson de crevettes et un Stas d’autres trucs tous plus succulents les uns que les autres, avec un grand Siaudeau car tremper la plume donne soif paraît-il. Il en résulte un met goûteux à souhait, c’est coquin, libertin, salace, dégueulasse, gaillard, paillard, gouailleur, ripailleur, poétique, romantique, touchant, émouvant, vulgaire quand il le faut, trivial juste pour que ce soit crédible mais jamais grossier. Le tout largement assaisonné d’une bonne dose d’humour blanc et noir et même de couleur, d’un zeste de dérision, d’une pincée de cruauté et d’une pointe de finesse, séduit le lecteur le moins gourmand et ne lui laisse que l’envie d’en redemander une ration supplémentaire.

 

Il faut féliciter tous ceux qui se sont réunis autour du piano pour concocter ce mets délicat, ils n’ont jamais été pudibonds, seulement un peu pudiques même s’ils n’ont jamais hésité à appeler une chatte une chatte ou un cul un cul. Avec eux, on est en bonne compagnie, entre adultes vaccinés qui savent se tenir à table sans jamais biaiser, sans rougir ni même rosir.

 

Je laisserai ma conclusion à l’une des participantes, Hélène Dessavray, « l’amour est littérature, le sexe est poésie ». Et, comme elle, « j’aime les textes qui vont droit au but, je ne lis pas les avertissements au lecteur et je déteste les préfaces ». Il y a parfois de belles surprises bien crues pas recuites comme on nous en sert trop souvent.

(sur le blog de Denis Billamboz).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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